En route pour l’Argentine

Publiée le 07/02/2026
On a passé la frontière 😁. Fitz Roy et Perito Moreno au programme.

En allant à Torres del Paine…

Du 26 janvier au 6  février 2026


Autant le dire tout de suite, nous ne sommes jamais arrivés à Torres del Paine. Tel était le projet, mais il a été tout autre : Madame météo en a décidé autrement 😁.

L’objectif de la route qui a suivi la « Carretera » était de se rendre à Torres del Paine au Chili en faisant une petite incursion par l’Argentine, car c’était le chemin le plus court. La géographie de ces deux pays très découpée en Patagonie montre cette bizarrerie. Passer par l’Argentine signifie aussi : sortir du territoire chilien avec tampon de sortie dans le passeport, papiers à remplir pour le véhicule et promesse signé de le ramener dans les 90 jours, entrée sur le territoire argentin avec la même paperasse, pour ensuite re-rentrer en terre chilienne, sans légume, sans fruit et sans miel pour faire le parc. Tout ça pour revenir en Argentine une fois le parc national de Torres del Paine parcouru 🤯. Bon, c’est faisable même si contraignant, on verra plus tard.

On passe encore trois jours à randonner dans le magnifique « Parque nationale Patagonia » où nous rencontrons nos premiers guanacos et nandous. Nous devons de toute façon traverser ce parc pour parvenir au «Paso Roballos», une des nombreuses frontières entre le Chili et l’Argentine. Ce passage nous donne l’occasion de rouler au milieu de grandes plaines désertiques, côté chilien et côté argentin, absolument splendides. Notre regard se perd dans ces grands horizons aux paysages variés. On passe d’une vallée à l’autre, fascinés par l’immensité et la beauté des lieux. Le ciel est bleu et le vent souffle fort. Les  lumières sont très belles. 

La piste a doublé de largeur depuis le passage de la douane, mais elle est deux fois moins entretenue. On est gentiment ballotté : on a roulé à 30km/h maxi durant 200 km sur de la piste parfois franchement dégueu. La contrepartie est que cela nous laisse le temps de s’en mettre plein les yeux. On a aussi passé une nuit à mi-chemin au milieu de ces espaces à perte de vue. Un seul pickup est passé en début de soirée. On a parcouru nos deux premières journées en Argentine sans croiser le moindre autochtone. Quand nous sommes arrivés au premier « bled », il n’y avait qu’une station essence qui ne prenait pas la carte (nous n’avons pas de pesos argentins !) et un vieux bar qui fait aussi échoppe : la tenancière peu sympathique accepte qu’on paie en carte : ce sera deux cafés et une bouteille d’eau por favor. Ici, les bouteilles d’eau font exactement 2,250 litres. 

Le lieu est rempli de motards : ils sont tous très bien équipés et bien chargés. Il y a des motos de partout sur le parking, beaucoup ont un pneu de rechange arrimé à la moto. Tu m’étonnes vu le terrain ! Nous sommes enfin arrivés sur la «Ruta 40», route mythique qui équivaut à la «Route 66» aux États-Unis. Elle traverse toute l’Argentine du sud au nord sur 5000 kilomètres : elle part de Cabo Virgenes et descend jusqu’à La Quinca ; elle n’est pas toujours asphaltée. Je tire mon chapeau aux courageux motards et aux quelques rares cyclistes qui la parcourent. Quant à nous, nous allons la parcourir en van sur de très nombreux kilomètres, elle est la colonne vertébrale de l’Argentine, l’incontournable.

Quand nous arrivons au bar donc, on retrouve un peu de wifi et on prend la météo pour les prochains jours. Le temps s’annonce pluvieux à Torres del Paine alors qu’il y a une belle fenêtre ensoleillée de ce côté-ci de la frontière où il y a le parc national « Los Glaciares» avec son Fitz Roy qui culmine à 3400 m et son Cerro Torre, un belle tour de 3100 m. Nous avions prévu de le faire à notre retour de Torres del Paine, mais l’occasion est trop belle : vaut mieux profiter du soleil argentin ☀️ et laisser la pluie tomber du côté chilien. On se décide donc assez vite et on file illico du côté de El Chalten, le petit hameau au pied de ces belles montagnes. L’arrivée en fin de journée face à la longue chaîne enneigée est magique. On l’aperçoit à plus de 80 kilomètres de distance car le ciel est bien dégagé. La route qui y mène est une longue ligne droite asphaltée ; on se rapproche toujours plus du Fitz Roy qui s’impose petit à petit. Les couleurs sont douces, l’atmosphère est bleutée. On pose notre van à trois kilomètres de El Chalten avec une vue imprenable sur toute la vallée ; nous nous endormons face à ce spectacle incroyable. Nous resterons quatre jours dans ce parc qui est d’ailleurs classé au patrimoine de l’Unesco. Quatre jours et trois belles randonnées de vingt kilomètres chacune pour découvrir les différents versants et les différentes lagunes ou lac glaciaire. Nous avons de la chance avec le temps. Un seul jour un peu pluvieux durant lequel nous profitons du village plutôt charmant et assez touristique. C’est la version patagonienne de Chamonix : des randonneurs plein les rues et des prix très élevés. Lors de notre troisième rando, nous faisons la connaissance de trois jeunes Annéciens venus faire de l’escalade et de l’alpinisme dans la région. Ils se lancent aujourd’hui pour l’une des nombreuses voies du Fitz Roy : un parcours de trois jours et deux nuits qui comprend :  la marche d’approche sur le glacier et la nuit au pied de la voie, la montée et la nuit au sommet, la redescente en rappel et le retour. Nous les regardons aux jumelles progresser sur le glacier pendant un long moment. Nous prenons de leurs nouvelles quelques jours plus tard. Ils ont dû renoncer le deuxième jour à cause de la neige tombée durant la première nuit 😳. Ce n’est que partie remise, ils sont sur place pour un mois. Courage les gars !

De notre côté, nous avons quitté El Chalten et avons poursuivi notre route vers la ville de El Calafate : elle abrite le glacier le plus important  d’Argentine : le Perito Moreno. Il fait lui aussi partie du parc « Los Glaciares » bien qu’il se trouve à 300 km du point précédent. Nous pouvons utiliser le même pass que pour le Fitz Roy, ce qui est plutôt confortable vu le prix des billets d’entrée. La route est belle mais à nouveau balayée par un très fort vent. Le peu de cyclistes que nous croisons poussent leur vélo; le vent arrive de face. 

Le site du glacier Perito Moreno est à nouveau un spectacle grandiose. Quatorze kilomètres de glace en longueur sur quatre kilomètres en largeur. Un véritable monstre qui arrive dans le lac depuis le « Campo de hielo sur », une calotte glaciaire de 16 000 km2 dont on admire l’étendue sur notre carte de l’Argentine.  Ces blocs compacts qui s’érigent à plus de 50 mètres de haut comme d’immenses sculptures bleu turquoise n’en sont que l’une des nombreuses terminaisons ! Quoi qu’il en soit, le glacier en impose déjà ! C’est fascinés que nous pouvons l’admirer en marchant le long du circuit en passerelles et en balcons. On peut le voir d’assez près et entendre le son fracassant des morceaux de glace qui se décrochent, s’effondrent et diffusent une onde de choc sur l’eau. Aux jumelles, on peut en admirer toute la structure et observer les crevasses qui semblent éclairées d’un bleu électrique de l’intérieur. Le glacier recule, il subit lui aussi les affres du réchauffement climatique alors qu’il n’y a pas si longtemps, il était encore en expansion. Chose étonnante, nous sommes près d’un glacier à seulement 200 m d’altitude et il y a de la végétation alentours : arbres et forêts verdoyants.

De retour à El Calafate, on en profite pour faire checker notre van qui a déjà bien roulé. Il passe deux nuits chez le garagiste pour une remise en forme. On dort sous la tente et profitons de la ville en attendant. 

Nous renonçons aussi définitivement à revenir au Chili pour faire le parc national de Torres del Paine. Beaucoup de paperasse et de kilomètres pour voir au final le pendant du parc argentin que nous venons de faire : montagnes et glacier (le Grey). Pour accéder au trek de cinq jours (le fameux W), il fallait réserver des mois à l’avance. Le parc est très cher, il y a énormément de monde (ce qui achève notre enthousiasme) et on a déjà vu de très belles choses en la matière : le parc Cerro Castillo et celui de Los Glaciares nous ont déjà comblés. Cap donc vers la côte pour voir les pingouins et toute la faune aquatique. Du côté des montagnes, nous avons pu profiter des renards qui passaient régulièrement du côté du van (trop beau), de beaux rapaces au sommet qui tournoyaient très près de nos têtes (on soupçonne des gens de les nourrir tant ils semblent peu méfiants). Des guanacos (lama local) et des Nandous (famille de l’autruche) sur la route. Il y a même un joli tatou qui a traversé sous notre nez. Trop chou. Le puma et le huemule (cerf local en voie de disparition), pas la moindre trace 😔.


Côté route, ça se passe bien : 

- On s’habitue aux sifflements de la fenêtre conducteur quand le vent est de face, à sentir le van se faire balloter durant la nuit par les rafales, et à détecter et identifier pleins de petits bruits inoffensifs !

- Dès qu’on est à l’intérieur, on est au top. On peut cuisiner, bouquiner et dormir bien au chaud. Il n’y a pas de chauffage mais l’isolation est bonne : une polaire ou un plaid suffisent pour avoir chaud. Le fait d’utiliser la gazinière réchauffe aussi très vite l’habitacle.

- On n’a pas chargé le bidon d’essence sur la galerie pour rien, on s’en est servi quelques kilomètres après que nous n’ayons pu faire le plein en arrivant sur la Ruta 40.

Les cartes postales 

Au Chili, impossible de trouver la moindre carte postale. Avec l'arrivée des smartphones, plus personne ne semble en envoyer. Quelle n'est pas notre surprise quand on en voit des rayons entiers en Argentine 😉. Super, on va pouvoir refaire une tournée... Et on découvre le prix des timbres pour l'Europe : 9€ par carte 😱. Bon, pour finir, on vous les glissera sous la porte à notre retour 😁.

La suite : 

On reste en Argentine pendant un moment. On descend dans le sud encore sur 300km  jusqu'à Cabo Virgenes. Ensuite, on remontera vers le nord entre océan Atlantique et Cordillère.

Prochaines news à la fin du mois 😃.

Parc Patagonia, en allant au Paso Roballos.
Poste frontière côté Chili
Décor côté argentin du Paso Roballos.
Lac asséché dans un décor semi désertique.
Décor suite…
La route serpente entre deux lignes droites !
Une des fameuses lignes droites…😁
Arrivée le soir à El Chalten et vue sur le massif du Fitz Roy le matin suivant.
La même en grand format (parce qu’il le vaut bien…😄)
Cerro Torre et Fitz Roy, photos en style rétro mais actuelles !
Il nous a à l’œil…😉
Glacier et Laguna Torre.
Reflet magique sur le chemin du Fitz Roy…
Carte postale…
Sabrina et le renard, une longue histoire…😁
Impossible d’être seuls à la Laguna los Tres, mais quelle couleur !
Petit jeu : combien de personnes à pied sur le glacier en arrière plan ?😁
Lago Argentino avant El Calafate.
Glacier Perito Moreno.
Un échappé qui se meurt…
Composition glaciaire…
Sur un mur à El Calafate
1 commentaire

Max

xamlartem

Encore une belle étape 🤩. Il est incroyable ce glacier😳 . Et pour les cartes postales… pas de soucis toutes ces photos et tout ces récits valent des milliers de cartes postales. Merci🥰 PS. Trop chou le renard, et la Renarde 😉

  • il y a 7 heures