Argentine : dernière étape

Publiée le 15/04/2026
Nord-ouest argentin pour une dernière étape colorée. Rencontre avec les lamas.

Du 30 mars au 12 avril 2026

Dernière ligne droite dans le pays : on remonte vers le nord, direction la Bolivie. Des villes, des villages, des hameaux et encore de très beaux paysages et de belles rencontres. On quitte l’Argentine la tête remplie d’images et de couleurs. Nous nous laissons Buenos Aires pour la fin du voyage. Nous envisageons d’y venir en avion depuis Santiago au mois de juin, une fois le van vendu. Ce n’est qu’une idée parmi tant d’autres. On verra à ce moment-là.

Voici en quelques mots la fin de notre périple argentin :

À la sortie de Fiambala, nous nous dirigeons vers Cafayate pour boire du bon vin et visiter  les vallées Calchaquíes. On passe des vignobles à une route en circuit qui nous mène dans des gorges d’où s’élèvent des falaises aussi diverses que colorées. Il y fait très chaud. Notre route nous mène aussi à Quilmes : les restes d’une cité d’un peuple natif portant le même nom. Les Quilmes ont résisté cent trente ans avant de poser les armes en 1665 face à l’invasion espagnole. Encore une histoire de colonisation intolérable. On peut aujourd’hui visiter leurs terres et les restes du village qu’ils avaient construit pierre par pierre. La visite s’accompagne d’un petit musée et d’un court film très bien fait. Ce qui nous a marqué : la vie en harmonie et en symbiose avec la nature; le respect profond de ses ressources, on n’y prend que ce qui est nécessaire. Un grand savoir faire aussi, on aurait eu tout à apprendre de ces peuples indigènes. Aujourd’hui, de ce peuple, il ne reste que le nom d’une bière : la Quilmes. Une idée germanique.

Route vertigineuse ensuite : descente d’un col en lacets dans des décors verdoyants avec des renards peu farouches qui traînent sur la route.   On suit, droit derrière, l’ancienne voie de chemin de fer qui reliait l’Argentine au Chili « El treno de las nubes », le train dans les nuages, dont il ne reste aujourd’hui que les 44 derniers kilomètres pour des touristes intéressés. Ici, le paysage est plus aride et désertique. On passe un col à 4081 m pour redescendre dans un décor de bout du monde et arriver au village de San Antonio de los Cobres et son authentique fête sur la place du village le jour du vendredi saint. On y mange des grillades de lama 🦙 au milieu des villageois avant de faire route vers les « Salinas Grandes » à 3500 m d’altitude, le deuxième plus grand Salar d’Argentine. On y extrait du lithium, ce qui ne manque pas de faire réagir la population qui se rend bien compte de l’impact écologique catastrophique. On se dégote un petit endroit bien tranquille au milieu de cette étendue blanche pour une fin de journée et une nuit loin de la foule, le vent pour seule compagnie.

Le lendemain, à la sortie du hameau, on prend un policier en stop et, après une nouvelle route vertigineuse tout en zigzag et un col à 4170 m, on parvient  jusqu’au tout petit village de Purmamarca où nous attend la vallée aux sept couleurs et une bonne tortilla fourrée au fromage pour notre repas pascal. Chaque visiteur mange la sienne assis dans le joli parc au pied des falaises colorées, après l’avoir achetée à l’un des nombreux marchands ambulants. 

On visite encore un peu plus haut les villes de Salta et de Jujuy, les deux grandes villes du nord qui abritent encore quelques beaux bâtiments coloniaux et, comme pour chaque ville d’Argentine, une belle place centrale arborée. On en profite pour faire une vidange et deux trois bricoles sur le van avant de sortir du pays. Les trois garagistes qui le chouchoutent sont adorables et très ingénieux. Ils nous fabriquent même une dent sur le système à crémaillère de la vitre avant : fer à souder et savoir-faire, une vraie équipe de choc à un prix tout doux. 

La route 9 qui mène de Salta à Jujuy est une route très étroite et sinueuse à la végétation très dense. On a l’impression de traverser une forêt tropicale : on est dans les yungas. Ce jour-là, le temps est pluvieux et un épais brouillard accompagne notre montée au col, ce qui nous plonge dans une atmosphère toute particulière. Sur le bord de la route, des araignées ont tissé d’immenses toiles que l’on peut admirer en roulant. Une bestiole à huit pattes règne au milieu de chacune d’elle. Ambiance Halloween assurée. 

Les dernières étapes sont Tilcara avec sa « Quebrada de las Señoritas» qu’on peut parcourir en deux heures de marche : rouge flamboyant et cactus en forme de chandelier. On est à nouveau à 3500 m d’altitude. Le village de Humahuaca se trouve encore un peu plus haut. Depuis ce village, on monte par une piste à 4350 m pour admirer « La Serrania del Hornocal », des plaques à 45 degrés en strates dans une palette de couleurs incroyables : des variations de rouges et de verts à l’infini. 
On s’habitue toujours mieux à ces hauts plateaux. Nos intestins dansent la rumba et notre tête est parfois un peu lourde, mais on gère.

Dernier spot : « La laguna de los Pozuelos », un immense lac assez méconnu à 3750 m d’altitude et qui sert de refuge à des milliers d’oiseaux. On y trouve en particulier trois espèces de flamants qui représentent à elles seules 87 % de cet échassier dans toute l’ Argentine : dans la lagune, il y a plus de cent mille flamants ! C’est impressionnant à voir. On est seuls au milieu de ses milliers d’oiseaux qui se tiennent sur une seule patte. On s’en approche, jumelles au cou, pieds dans la vase, la lagune a déjà bien reculé à cette saison.

Arrivés à la Quiaca, nous sommes au bout de la Ruta 40, au kilomètre 5080. Nous l’avons parcourue sur une très grande partie. Avec les à coté, nous avons roulé plus de 10 000 kilomètres dans ce pays immense, et on est loin d’avoir tout vu ! A Quiaca, nous sommes à la frontière bolivienne. La ville est collée à celle de Villazón du côté bolivien. Il n’y a plus qu’à franchir les deux douanes : passer d’un bureau à l’autre, remplir des papiers, montrer nos passeports, scanner des QR pour entrer des informations, répondre à des questions, faire tamponner des documents, pour nous, pour la voiture et faire vérifier le numéro de châssis par le douanier ! Une demi-heure plus tard, un dernier poste : désinfection extérieure de notre van avec un jet. On paie encore une taxe sanitaire de 25 BOB ( 2€) avant que la barrière ne s’ouvre. C’est bon, on est passé 😅. 

Les spots dodo

Quatre mois et des poussières que nous dormons à bord de notre van. Jean-Luc me fait remarquer l’autre jour, alors que nous déjeunions au milieu des cactus, que la nuit avait été silencieuse et étoilée. Je prends conscience que cette réalité, nous l’avons vécue des dizaines et des dizaines de fois depuis le début de notre road trip. Au milieu de nulle part, dans le silence de la nuit, nous avons vu les montagnes, les vallées, l’océan, les cactus, l’infini, à la seule lumière des étoiles et de la lune qui éclaire le tout avec une intensité différente selon sa grosseur et sa trajectoire. Au coucher comme au lever du soleil, pas de lumière parasite, juste la beauté de la nature à l’état pur. Nous retrouvons la vraie obscurité, celle que nous avons oublié en vivant dans des villes. Le vrai silence aussi. Une luminosité et une atmosphère ressourçantes. Difficile de ne pas lever le nez au ciel au cœur de la nuit et prendre le temps de s’imprégner de cette infinité.

« Puisque tu ignores ce que te réserve demain, efforce-toi d’être heureux aujourd’hui. Prends une urne de vin, va t’asseoir au clair de lune, et bois, en te disant que la lune te cherchera peut-être vainement, demain. »
                                                                                                                      Rubaïyat

Vallées Calchaquies
Domaine chez « Nanni » à Cafayate
Sur la route quelque part
Route sinueuse
Salinas Grandes
Seul
Chemin balisé
Nuit au calme
Route vertigineuse
Purmamarca
Route tropicale
Nueve cumbres, Neuf  sommets 😄
Quebrada de las Segnoritas
Cactus chandeliers
Fenêtre
Sierra de Hornocal
Laguna de los Pozuelos

La suite

Nous sommes désormais en Bolivie depuis trois jours et on s'apprête à faire le Salar d'Uyuni. Prochaines news dans quelques semaines 🤩.

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