Bolivie

Publiée le 17/05/2026
Du 13 avril au 15 mai Paysages magnifiques, villes surprenantes, crise politique qui nous oblige à quitter le pays sur pointe des pieds : voici notre étape bolivienne.

Salar d'Uyuni et Sud Lipez

Trois jours d’excursion 
Après notre passage de la frontière, nous avons filé en direction d’Uyuni, connu pour son Salar, le plus grand du monde. Neil Amstrong avait repéré cette immensité blanche, tel un gigantesque miroir d’eau lors de la mission Apollo 11 en 1969. A son retour de la lune (rien que ça !), il s’est offert un voyage dans le Salar pour voir de près ce qu’il avait aperçu de très loin.

Pour nous, le Salar sera l’occasion d’une belle rencontre avec Clément et Déborah et de trois magnifiques journées au cœur des éléments avec un guide au top, Froilan. Il y a du monde sur le terrain, mais Froilan sait éviter la foule et nous faire profiter du site en toute tranquillité. Il nous propose aussi des séances photos amusantes. On file ainsi sur le Salar  et à la découverte des lagunes du sud Lipez avec son Land Cruiser. Le van n’aurait pas pu faire face. On roule entre 3500 et 5000 m d’altitude sur des plateaux infinis et des routes défoncées. C’est l’altiplano bolivien. Juste grandiose…

Ce que nous avons vu ? Que des merveilles de notre planète, une belle palette de couleurs et des curiosités géologiques. Ici la nature a sculpté, modelé, embelli chaque parcelle de terre et d’eau. C’est imposant de beauté. En quelques mots : 


Salar : d’une immensité et d’une blancheur éblouissante. Une première halte nous permet de découvrir une partie encore en eau. Nous enfilons nos bottes en caoutchouc pour faire flip flop et admirer les montagnes qui s’y reflètent. Un coucher de soleil à 360 degrés, une nuit étoilée à 4000 mètres et un hôtel en briques de sel avec déco et mobilier en bois de cactus : un endroit vraiment charmant, chacun sa chambre avec salle de bain. Il n’y a que nous cinq. Bon, je vous raconte ça parce que ça nous a surpris. La deuxième nuit sera beaucoup plus animée et roots !

Lagunes et volcans qui se dressent au pied de celles-ci. Les lagunes sont les unes plus belles que les autres. Il y a aussi de nombreux flamants roses qui y ont élu domicile. Un coup de cœur pour la Laguna Colorada, rouge sang, et la Laguna Verde dans laquelle se reflète le Licancabur, un volcan à 5960m que JL aurait aimé gravir. Malheureusement, l’organisation avec un guide (obligatoire) est compliquée et onéreuse. Ne vous inquiétez pas, il aura d’autres possibilités de gravir un 6000.

Geysers : un endroit lunaire avec des fumeroles et des fuites d’air qui s’apparentent à des geysers. On voit frémir la glaise dans des chaudrons plus ou moins profonds. Nos narines respirent de fortes odeurs de soufre. On arrive sur le site au lever du soleil, nous sommes à 4950m d’altitude, c’est magique. Ma pensée : ici se manifeste toute la colère de la terre : elle enrage, elle fulmine, elle bouillonne. Elle exprime toute sa révolte : « Que faites-vous de moi ? »,  crache-t-elle depuis ses entrailles.

Désert coloré : des partie plus arides et désertiques avec des montagnes colorées. On prend le temps de gravir quelques mètres en une petite heure de marche entre 5000 et 5200. C’est juste bluffant d’être à de telles altitudes ! 

Notre boucle se termine à Uyuni le troisième jour. Il nous faut sept heures de 4x4 depuis le Licancabur qui était le point le plus au sud, juste à la frontière avec le Chili. Retour au van, douche, restau, dodo. On décide de suivre Clément et Deborah pour le parc Sajama où se trouve le plus haut sommet de Bolivie du même nom. Il culmine à 6542m. Tout autour, il y a aussi plusieurs volcans à gravir : ils atteignent les 6000m. Jean-Luc a trouvé son remède au Lilancabur !


Du guanaco à l’alpaga

Guanacos, Vigognes, Lamas, Alpagas, on s’y perd un peu avec toutes ces bébêtes. Avec Déborah, tout en roulant dans le sud Lipez, on s’attèle à les renommer en fonction de leur aspect physique et de leur attitude face à la vie. Voilà ce qui en ressort : 

- Vigogne : la « mas sexy », l’élégante et la grâce même, celle qui fait sa belle avec ses longs cils : la Bourgeoise.
- Guanaco : celui qui traîne ses sabots au bord de la route ou se les emmêle dans les barbelés, qui mendie et se fait écraser : le Clochard.
- Lama : le laineux qui affiche nonchalamment des sortes de dreads, celui qui traverse les routes sans craindre rien ni personne : le Junky.
- Alpaga : court sur pattes,  le raffiné, le précieux avec sa laine  rare et convoitée  : la Parisienne ou l’Italien.

Une équipe de choc
Jeux de perspective
Flip Flop
´Géométrie infinie…
De plus près…
Isla Incahuasi, au milieu de nulle part.
Au coucher.
Une des multiples lagunes.
Une autre lagune sur fond de sommets à 5-6000m.
Arbol de piedras, un classique.
Lagune Hedionda et ses flamants.
Laguna Colorada, la sanguine…
Bloub, psschhhh, flop
Bloub Bloub
Lumière magique au lever de soleil
Le volcan Licancabur, 5960 m
Petite randonnée colorée à 5200 m

Parc national de Sajama

Sajama, nom du hameau à 4300 m d’altitude, parc national, et plus haut sommet de Bolivie. On ne redescend plus en dessous de 3800 m depuis notre arrivée dans ce pays. Hauts plateaux d’altitude, décors incroyables, nous sommes toujours dans l’Altiplano, entourés de montagnes dans une plaine immense. 

Après une nuit dans le van, on décide de prendre nous aussi une chambre à « l’hostal Oasis » pour trois nuits afin d’avoir plus de confort et de liberté de mouvement : douche « chaude », toilettes, cuisine, espace de vie, wifi. Au final, on  y restera cinq nuits.

Jean-Luc, Deborah et Clément se préparent à gravir un volcan. Je sais déjà que je resterai en bas en mode contemplation et méditation pendant que le trio se lancera pour l’Acotango à 6052 m. Le soir qui précède l’ascension, il y a une belle effervescence dans l’auberge. Douze personnes vont tenter l’aventure, encadrées par quatre guides. Elles se préparent à affronter le froid, l’altitude, l’essoufflement, peut-être l’impossibilité d’y arriver. Départ à 1h du matin, une heure trente de 4x4 pour parvenir à 5400m. Crampons, casques, baudrier, doudounes : des cordées de trois pour arriver au sommet au lever du soleil. Tout le monde a réussi. Un grand bravo à toutes et tous. Bravo à Jean-Luc qui a atteint son premier 6000 🥳! Génial 🙌!

Un jour de repos, et nouveau départ pour le Parinacota à 6348 m. Un trio et un guide. À nouveau plein succès. Je laisse la parole à Jean-Luc pour vous raconter ces deux ascensions : 


L’ascension de l’Acotango : 6052m

 (by Jean-Luc Meyrier) 

La météo est belle, nuit étoilée au parking de départ, pas de vent, nous sommes pourtant déjà à plus de 5000m ! On commence par une heure de marche sur un terrain mixte : terre sablonneuse et neige dure. Je suis notre guide Eloy avec Andrea, un Italien sympathique rencontré à l’auberge, ainsi que Johanna, une jeune handballeuse parisienne (elle a des Adidas spezial !!😀) : ils ont tous deux un avantage sur moi, ils ont déjà gravi un 6000m dans les jours/semaines précédents! Pas grave, je suis plutôt confiant : pas de maux de tête et le dénivelé sera faible (700m)! Clément et Déborah sont un poil derrière avec un autre guide. On fait des pauses régulièrement, groupe oblige, ce qui fait vite ressentir le froid mordant à cette altitude. On chausse ensuite les crampons et baudrier car la neige devient plus dure et la pente se raidit un peu. Quel plaisir de mettre à nouveau les crampons pour moi qui ai « raté » l’hiver cette année ! On poursuit l’ascension, toujours de nuit. Le souffle va bien pour notre trio qui suit l’infatigable guide (la semaine précédente, il m’a dit avoir fait le sommet tous les jours !😮). On finit par s’encorder même si la pente n’est pas vraiment raide. Avec les multiples pauses, Johanna ressent de plus en plus le froid aux pieds, elle n’a mis que deux paires de chaussettes fines superposées; moi aussi j’ai un peu les pieds froids ! Au bout de trois heures de marche, nous arrivons sur la crête sommitale. Le vent nous rejoint bien sûr, il est 6h du matin, heure la plus froide de la nuit. J’ai enfilé ma doudoune en plumes bien chaude ainsi que mes moufles peu de temps avant. Les autres du groupe ont déjà mis toutes leurs couches au fil de la montée, selon leur sensibilité au froid, on n’est pas égaux sur ce point !

Le jour daigne enfin se pointer et je sors alors mon appareil photo reflex qui pèse lourd (1,6kg !) : c’est une occasion unique de faire de beaux clichés à cette altitude. Malheureusement, comme nous sommes encordés, je ne peux pas m’arrêter librement pour capturer la lumière magique de l’instant, d’autant plus que Johanna a vraiment très froid aux pieds au point de commencer à ne plus les sentir… elle accélère donc le pas !

J’arrive malgré tout à prendre quelques photos, et la simple vue du lever du jour puis du soleil sont incroyables de beauté. Les derniers cent mètres de dénivelé, je subis un peu le rythme imposé par le guide et Johanna placée juste devant moi : je ressens enfin l’altitude et j’ai le souffle court…

Nous arrivons au sommet, au bout de 3h40 (pauses comprises), juste avant le lever du soleil. Je suis ému d’être là haut pour la première fois, et mes compagnons de rando aussi ! On se congratule, le spectacle est à 360 degrés, je peux enfin prendre des photos à gauche et à droite : paysages, compagnons, lumière du soleil et pentes enneigées. Whaouh !  Quel instant magique! Les autres du groupe arrivent derrière nous, de manière quasi groupée, incroyable, on est tous au sommet ! Déborah arrive exténuée, elle a réussi  grâce au soutien de Clément. On se prend dans les bras, les larmes aux yeux ! Les guides sont épatés, nous avons été très rapides pour gravir le sommet. 

On ne traîne pas à cause du vent et du froid bien présents malgré un grand soleil; nous sommes à 6052m d’altitude…

La descente sera une formalité pour tout le groupe, la neige se ramollit et on peut dérouler facilement jusqu’à la voiture. Arrivée à 8h30, la journée se termine là où d’autres commencent la leur ! 

Voilà, c’était une expérience magnifique. Découvrir l’altitude et comment le corps réagit m’attirait beaucoup : ce fût une réussite grâce à des conditions optimales et un groupe bien homogène et fort sympathique.

Ascension de l’Acotango
Eloy le guide, Andrea et Johanna.
Ambiance…
Vue sur les trois autres volcans
Une partie de l’équipe au sommet.
Descente de la crête sommitale.

L’ascension du Parinacota : 6348m

Fort de notre première expérience réussie, les discussions à l’auberge vont bon train, Johanna et Andrea sont « chaud bouillant » pour enchaîner sur un deuxième 6000m, le secteur en comprenant quatre ! Il faut dire qu’à l’auberge, les nombreux occupants viennent essentiellement pour faire des sommets entre  5000 et 6000, et on sent une forte émulation dans la salle commune! Personnellement, je n’avais pas prévu de faire un deuxième 6000, mais vu l’effervescence du lieu et ma bonne condition/santé, je suis moi aussi bien partant.

On valide donc le surlendemain de notre ascension de l’Acotango la montée au Parinacota avec notre cher guide Eloy, l’homme aux 300 ascensions du volcan ! 

Check up matériel, vêtements, horaire, Johanna et moi améliorons nos protections mains/pieds et nous sommes prêts à « avaler » notre deuxième sommet, sur le papier ce n’est plus du tout la même affaire : 1250m de dénivelé, 300m de plus en altitude, cela ne semble pas aussi simple…

Jeudi 23 avril, 1h du mat’, petit déjeuner rapide, 1h30 départ en 4x4 pour se rendre au pied du volcan Parinacota (renommé «le Pannacotta» par Sabrina et adopté par les fans de cuisine italienne!😀). 2h30, départ à pied pour environ 2h de marche sur un terrain très sablonneux mélangé à des cailloux. La météo est bonne : ciel étoilé avec quelques nuages épars, pas de vent, froid relatif.

Contrairement à l’Acotango, très peu de discussions entre nous, la concentration est de mise, comme si l’on savait tous d’avance que ce challenge serait bien différent du premier.

Quand la neige arrive et que la pente se raidit, on chausse crampons, baudrier et on s’encorde sans parler; la progression est bonne, on se sent tous bien, ça roule !

Au bout de 4h de montée, nous arrivons à 6000m environ, après 900m de dénivelé, le timing est bon. Eloy nous encourage, le jour se lève et dévoile les autres volcans autour de nous, dont le Pomerape (« pomme râpée » pour les francophones !😀) juste à côté, et, au loin, le Sajama, le plus haut sommet de Bolivie (6542m).

A ce moment là, il nous reste encore 300m de dénivelé sur une grande pente raide mais régulière. On se dit que « ça va l’faire » malgré la fatigue qui elle aussi a pointé le bout de son nez pour nous trois. Nous allons finalement mettre 2h pour gravir cette dernière pente, en multipliant les pauses : nous sommes essoufflés, avons les jambes lourdes, comme si nous venions de passer un cap à 6000m et que les derniers 300 mètres au-dessus de nous appartiennent à une autre dimension! 

Je n’ai pas la force de sortir tout de suite l’appareil photo tellement mon corps est focus sur l’ascension. Mon énergie est réservée à mettre un pied devant l’autre, à me concentrer sur la pente, sur mes appuis bâtons et sur ma respiration devenue bien difficile.

Heureusement, le soleil arrive lui aussi et réchauffe l’atmosphère. Eloy, en bon guide, ralentit le rythme et nous encourage régulièrement.

Je prends enfin le temps d’une pause et je sors mon reflex pour quelques clichés. C’est beau tout autour de nous, la lumière et les nuages sont un décor somptueux mais n’occultent pas notre difficulté à monter. 

Les dernières dizaines de mètres sont interminables, le cœur bat, le souffle est au plus court, la pente n’en finit plus et on désespère de voir apparaître le sommet du cratère, car oui, ce volcan a un magnifique cratère au sommet, ce qui le rend très esthétique et attirant vu du bas !

8h30, l’ascension (le calvaire devrais-je dire) se termine enfin. Nous sommes au sommet ! La vue au fond de la marmite est incroyable. Je suis épuisé physiquement, mentalement, mais comme cet instant est beau, tout là haut, nous quatre, après 6h d’efforts et de persévérance !

Les larmes sont là, je sanglote, la dépense psychologique et physique a été dure. Mes compagnons de montée pleurent aussi, chacun est à son émotion.On se prend dans les bras, on respire, on souffle, on reprend nos esprits et on profite alors de la vue tout autour, rien n’est plus haut excepté le seigneur des lieux au loin, le Sajama. Photos, graines, boisson, le moral reprend de la vigueur, nous sommes tous trois aux anges, conscients d’avoir réussi un tout autre challenge que lors de l’ascension de l’Acotango !

Les nuages n’étant pas loin, en bas des pentes, nous décidons de ne pas traîner trop pour la descente. Celle-ci sera une formalité réalisée en 1h45, grâce à un terrain qui nous permettra de descendre droit dans la pente. Merci le sable/cailloux épais parfait et une neige correcte même si irrégulière.

10h45, nous sommes de retour au parking, le sourire aux lèvres mélangé à une fatigue bien présente, 8h d’effort entre 5100m et 6350m, ça calme !

Lever du jour sur le Sajama depuis le Parinacota
Johanna et Andrea sur fond de Pomerape
Le trio au sommet du Parinacota.
Vue sur le volcan Pomerape.
Le cratère du Parinacota, bien profond !

Potosi - Sucre - La Paz

Trois villes, trois ambiances, trois belles découvertes : d’une ville de mineurs à la plus haute capitale du monde, on monte et on descend pour aller d’un endroit à l’autre et découvrir trois atmosphères bien différentes. On zigzague avec notre van dans les ruelles de chacune avec une circulation dense et chaotique : bouchons, pollution… une petite réminiscence d’Istambul et de Naples, mais cette fois-ci, nous ne sommes pas à vélo … et ce n’est pas plus facile…  On s’accroche et on y va 🤢 !

En sortant du parc Sajama, nous nous dirigeons vers Potosi. La route qui y mène est magnifique, elle est un voyage à elle seule, comme beaucoup des routes que nous avons parcourues depuis le début de notre périple. La différence en Bolivie, c’est l’altitude. On roule entre 3900 et 4300 mètres d’altitude avant d’arriver dans la ville minière qui se situe à 4090 m. On se balade dans les rues comme dans n’importe quelle ville au monde alors que nous marchons 250 mètres au-dessus de l’Aiguille du Midi ⛰️! 

Potosi est toute en montée/descente. Le centre plus touristique autour de la belle place se situe sur le haut de la ville. De beaux bâtiments coloniaux, de très belles églises, un marché foisonnant sur fond de paysage de mines. Potosi a connu une période de grande prospérité grâce à l’exploitation des mines d’argent entre le 16 ème et le 17 ème siècle. Aujourd’hui, on y extrait surtout étain, plomb, et zinc. La montagne se vide de sa substance, les mineurs de leur santé. Le travail à la mine est dure, l’espérance de vie faible, 40-45 ans. 

On visite la « Casa nationale de la Moneda » où pendant près de quatre cent ans on y a frappé la monnaie (jusqu’en 1951). On remonte l’histoire de la ville par ce biais : la colonisation espagnole, l’exploitation des indigènes, l’esclavage, le travail à la mine.

On profite d’un après-midi pluvieux pour se faire un petit cinéma … le premier en dix mois de voyage ! Le biopic sur Michael Jackson en espagnol ! On ne comprend pas tout, mais on se régale de la musique. Quel génie et quelle époque 🤗 ! 

Le lendemain, on reprend la route pour Sucre à 160 km de là, une belle route verdoyante parsemée d’arbres.

Sucre, c’est « la perle blanche de Bolivie ». En effet, là où les autres villes ont laissé leurs maisons de briques rouges plus ou moins inachevées **, Sucre a recouvert les siennes d’une belle peinture blanche. Malheureusement, les nombreux fils électriques qui pendent un peu partout gâchent un peu l’ensemble 🤭. Située sur un plateau d’altitude à 2750m, c’est une ville élégante avec une très belle place centrale, de belles églises et de beaux bâtiments coloniaux bien rénovés. Touristique juste ce qu’il faut, on y mange au marché, très populaire, produits frais et jus de fruit pressés et servis par des Cholitas, femmes en tenue traditionnelle : jupe courte plissée, bas en laine, sandales noires et chapeaux, en paille ou melon selon la région. Deux nattes très longues tressées à l’arrière de la tête et ornées d’un pompon final. Ici, le chapeau n’est pas un accessoire, c’est une identité.

Sucre sera pour nous une étape de deux jours sous le soleil et le ciel bleu ainsi que des retrouvailles de hasard avec Vincent, un voyageur solo venu de France avec son Toyota Land Cruiser et rencontré chez le garagiste à Salta en Argentine. Rencontre aussi avec un couple de Belges très sympa. Il partage avec nous la pelouse de Doña Lourdes qui nous ouvre les portes de son jardin pour poser nos deux vans, coincés entre un noyer et un figuier bien chargé : miam miam !

** En Bolivie, comme dans beaucoup d’autres pays, tant que la maison n’est pas terminée, on ne paie pas d’impôts. Dans ce pays, ça donne des villes entièrement en briques rouges, sans finition. La Paz n’échappe pas à cela. Il y aussi beaucoup de maisons qui semblent à l’abandon : des murs montés avec une porte mais sans fenêtre; parfois on voit du linge sécher à l’intérieur. Sont-elles habitées ?

Potosi
On the road

La Paz

Après Sucre, nous rejoignons La Paz en trois jours. On passe plusieurs cols dont un à 4400 m : la route monte et descend mais on reste toujours sur l’Altiplano. Arrivés à la capitale, nous sommes à nouveau à plus de 4000m d’altitude, avec un dénivelé de plus de 800m entre le bas et le haut de la ville, « El Alto », un ancien quartier de La Paz devenu une ville à part entière depuis 1985. Nous arrivons par là, avec une vue vraiment très impressionnante sur toute l’agglomération : une immense cuvette dans laquelle les habitations semblent collées à la montagne et s’étalent sur des kilomètres. Indescriptible et fascinant. La descente jusqu’aux quartiers du bas est vertigineuse, une pente à 25% et des virages en épingle. On prie pour que les freins tiennent le coup, on est sur le frein moteur en première ! Arrivés dans le quartier historique de la ville, on pose notre van dans le parking d’un studio dans lequel nous logerons cinq nuits pour plus de tranquillité … les grandes villes ça craint toujours, où que vous soyez dans le monde 😕! Le camping le plus proche était à quinze kilomètres; nous avions envie d’être au centre des battements du cœur de la ville. 


❤️ La Paz … une ville comme il n’y en a pas deux sur terre ! Toute en pentes abruptes, nous parcourons ou survolons ses différents quartiers à la force de nos mollets ou en télécabines ! Dix lignes connectées entre elles par 33 km de câbles et un peu moins de 1 km de dénivelé ! C’est un peu comme être aux sports d’hiver, sans les skis et sans la neige ! Les télécabines font partie du paysage urbain. Ça ne manque pas d’originalité, mais la ville s’y prête très bien vu sa configuration exceptionnelle. Le cadre : des montagnes en toile de fond dont l’imposant Illimani à 6462m. Nous sommes les funambules de cette mégapole durant quatre journées et une visite de cinq heures entièrement suspendus avec un guide franco-bolivien. Inti nous fait découvrir sa ville depuis des télécabines à la vue panoramique :  quartiers guindés tout en bas de la ville où le climat est meilleur (6 degrés de différence avec le haut !), pentes qui s’effritent avec des maisons suspendues au bord du gouffre, un cimetière en casiers sur plusieurs hectares, le quartier coloré, le marché du dimanche tentaculaire et  les « cholets » (cholita + chalet), immeubles dont l’une des façades a été imaginée extravagante et kitch à souhait. Ce sont des commerçants aymaras de El Alto qui se sont enrichis et montrent ainsi leur ascension sociale. Sur le toit de l’immeuble, ils y ont construit leur chalet, d’où la référence. On finit notre visite à pied en passant par le marché aux sorcières : on y vend toutes sortes de remèdes à base de plantes, mais aussi des amulettes, des savons pour devenir riche (!), des fœtus de lamas séchés (il y a aussi la version bébé lama séché) pour des offrantes à la Pachamama, la Terre-Mère. Tout un rituel très sérieux empli de croyances ancestrales : on lui demande santé, amour, prospérité, et bien d’autres choses encore. Pour compléter ce beau tableau semi macabre, un chaman (le yatiri) assis sur un tabouret qui prédit l’avenir et qui tient un rôle de psychologue. 

Après cette visite très appréciée, nous resterons encore trois journées dans cette ville immense mais étonnement facile à vivre et agréable. Le blocage des routes nous a obligé à prolonger notre séjour de deux jours. On en profite pour survoler la ville, marcher et se régaler dans de bons petits restaurants avant de repartir vers les montagnes. 


Le métro aérien

Pour la petite anecdote, les télécabines sont de fabrication suisse 🇨🇭😊 et les infrastructures, une collaboration suisse et autrichienne. Ce métro aérien a été financé par la ville. Le nom des stations est en espagnol et en  aymara (langue de la communauté indigène). Il est très bon marché, environ 30cts d’euros la course, et très très pratique. Il est aussi hyper clean : des agents d’entretien veillent à sa propreté de l’ouverture à la fermeture. Un ovni bien apprécié dans le chaos du pays.


Les Cholitas et le catch

Oui, vous avez bien lu. Grâce à notre guide Inti à La Paz, nous obtenons des billets pour assister à un combat de catch féminin. Après les Cholitas et le smartphone, voici les Cholitas en tenue traditionnelle qui se défient sur le ring. Bien plus qu’un combat, c’est un cri de liberté, une manière d’affirmer sa condition de femme loin des clichés traditionnels « We can do it 💪 ». Bon, honnêtement, c’était pas ouf. Personnellement, nous avons préféré le récit d’Inti sur les « Cholitas escaladores », seize Cholitas qui font de l’alpinisme en tenue traditionnelle dans les Andes. Elles ont gravi l’Aconcagua, le plus haut sommet d’Amérique latine, mais aussi le Mont-Blanc l’année dernière. Elles se préparent pour l’ascension de l’Everest prochainement. Chapeau melon les filles !


Manger en Bolivie

À notre grande surprise, la nourriture en Bolivie est bien plus intéressante que dans les deux autres pays voisins. Plus le pays est pauvre, plus on en revient à des basiques : nourriture simple mais saine. Soupes, quinoa, riz, pomme de terre vapeur, viandes et poulet grillés, truite du lac Titicaca, fruits et légumes frais, et tout cela à des prix tout doux. Manger en Bolivie est vraiment bon marché, le menu du jour dans des échoppes coûte entre 3 et 9 € maxi pour deux. À La Paz, on s’offre quelques  restaus plus gastro à tout petits prix aussi.


La Paz
By night
Cholita et narcotrafiquants
Cholitas et catch
Cholitas escaladoras

Parc national Tuni - Condoriri

Quand nous avons enfin pu quitter La Paz, nous nous sommes rendus près de de la Cordillère Royale. Nous l’avions déjà aperçue de loin en nous rendant à Peñas pour une journée depuis la capitale pour un festival d’escalade et de skyline. L’occasion surtout de retrouver Johanna et Andrea, les compagnons de cordée de JL au parc Sajama, et de manger des tiramisus à la cafétéria du village chapeautée par un prêtre italien !

On arrive donc à Tuni, hameau à 4440 m d’altitudes, après deux heures d’une route magique qui nous rapproche toujours plus de la chaîne de  montagnes. Dans le tout petit village, vivent six familles. On s’installe avec notre van près du ruisseau et on mange le soir chez l’une d’entre elle qui fait aussi gîte. Trois soirées et trois tablées complètement différentes avec des voyageurs, des randonneurs et des amoureux de la montagne. Pour nous, ce sera aussi trois journées de randonnées dans un cadre magnifique. Moins cinq petits degrés le matin mais le soleil et le ciel bleu sont au rendez-vous. Une première randonnée d’acclimatation le jour de notre arrivée : JL s’envole sur les chemins, alors que moi je respire court, nausées, tournis… j’atteins à peine le niveau du Mont Blanc ! La deuxième randonnée au Paso Condoriri à 5016 m avec 700m de dénivelé se passe mieux; la haute montagne, mon corps s’y habitue tout doucement, et avec mon mental de pigeon pour ce genre de défi, je prends mon temps. Trois heures trente plus tard, objectif atteint. Troisième journée, Pico Austria, sommet à 5327m avec 850m de dénivelé annoncés 😅 : j’ai déjà prévu de m’arrêter au lac en cours de route. Comme dit le proverbe bolivien « tout est possible mais rien n’est sûr », je laisse la porte ouverte… Je verrai sur le moment ! On démarre avec un groupe de jeunes rencontrés le soir d’avant au souper : ils sont sept à tenter l’ascension en même temps que nous. L’équation est parfaite : acclimatation + effet de groupe + feuilles de coca + petites pauses plus fréquentes grâce au groupe = je monte jusqu’en haut sans trop de difficultés. Le vue au sommet sur toute la Cordillère Royale est splendide . Nous avons l’Europe à nos pieds et on aperçoit encore des sommets bien plus hauts au loin ! La re-descente sera facile. Un bon repas chaud nous attend à l’arrivée ainsi qu’un nouveau groupe avec qui partager et discuter. Nous redescendons le lendemain dans la vallée… mais les choses ne se passeront pas comme prévues…

Tuni : petit village perché à 4440m d’altitude dans un cadre magnifique.
Laguna Tuni
Montée au Paso Condoriri, beau vallon.
Paso Condoriri, 5016m, vue sur le programme du lendemain, en face côté gauche !
Au départ de la montée au Pico Austria
Miroir…
Montée panoramique au Paso Chakoti, 5152m.
Vue imprenable sur le Condoriri, belle pente raide !
Laguna Eslovenia, depuis le Paso Chakoti.
Arrivée au Pico Austria 5327m.
Notre copain rapace peu farouche sur fond de Cordillère Royale

Faire le plein d’essence en Bolivie et blocages des routes

Gros problèmes d’approvisionnement en essence et surtout en diesel dans tout le pays. De plus, les carburants sont de mauvaise qualité et abîment les moteurs. Cela dure depuis des années. Heureusement, notre van roule à la «gazolina» et c’est quand même plus simple d’en obtenir. Il faut tout de même bien veiller à remplir le réservoir dès que cela est possible : on ne sait jamais s’il va y avoir de l’essence à la prochaine station, combien de temps il va falloir attendre et si on va nous servir. A Uyuni, on a fait une heure de queue, une file de voitures interminable, pour faire un plein. Parfois, les stations sont carrément fermées ou refusent de nous servir, cela dépend de la plaque d’immatriculation. La notre est chilienne, nous sommes donc considérés comme des «estranieros», des étrangers. On l’est doublement avec nos têtes d’Européens 🤭 même si je pense que c’est plutôt un atout : les Boliviens n’aiment pas trop les Chiliens qui leur ont volé l’accès à la mer, mais sont sympas avec les touristes. 

On peine aussi à remplir notre bidon rouge de secours… c’est selon l’humeur du pompiste, ou on n’a rien compris aux règles ! Pour les voyageurs qui roulent au diesel, c’est parfois plusieurs jours d’attente avant de pouvoir remplir son réservoir. Une vraie galère.

Autre subtilité : le prix au litre n’est pas le même pour les locaux ou pour les plaques étrangères, c’est affiché clairement. Il est aussi différent si on demande ou pas une facture… mieux vaut ne pas la demander 😉… ça, ce n’est affiché nulle part 😁. A chaque station, ils rentrent informatiquement un numéro de passeport et un prénom, on ne demande pas la nationalité. « XXXXX, Juan-Luca », je me demande bien ce qu’ils vont faire de ça 🤔? 

Évidemment, les locaux ne sont pas contents de la situation liée à la pénurie de carburant et bloquent régulièrement les routes pour manifester leur mécontentement. C’est dans ces circonstances qu’on se retrouve à faire du rodéo avec notre van pour contourner les barrages de la ville d’Oruro le jour de notre passage. Sorti de la route principale, c’est terrain vague, bosses et trous sur chemins de traverse sablonneux 😅😅. Une vraie galère. Les chemins ne sont pas répertoriés, tout le monde tourne en rond pour trouver une issue !


Grosse mobilisation aussi le troisième jour de notre arrivée à La Paz. Il s’agit de questions politiques cette fois-ci. Le président en place veut faire passer une loi défavorable aux indigènes qui se voient dépossédés de leurs terres, l’éducation nationale manque de moyens, la corruption gangrène le système. Les syndicats réagissent en bloquant les routes. Les Boliviens veulent la démission du président qu’ils avaient élu six mois auparavant ! Rien que ça. Il y a des barrages fluctuants un peu partout avant notre arrivée à Tuni. Comme déjà évoqué, on arrive tant bien que mal à La Paz, arrivons à nous extraire de la ville quelques jours plus tard en partant tard en soirée pour rejoindre la vallée qui mène à Tuni. Mais en redescendant des montagnes trois jours plus tard, la situation s’est corsée. Il est dimanche et on est bloqué dans le village du bas, Patamanta, à deux pas de la route principale sur laquelle il y a des gros barrages. On ne sait pas combien de temps cela va durer. On aimerait aller à Rurrenabaque en Amazonie : c’est pas gagné ! Sur les réseaux, chacun y va de son commentaire et de ses pronostics. Pour nous, il n’y a qu’une chose à faire : attendre et sociabiliser avec les gens du coin. Patamanta est un tout petit village. On dort autour de la place principale quasi déserte et on se ravitaille dans les quelques échoppes ouvertes : pas de pain, peu de produits frais, fromage local… les livraisons aussi sont bloquées et cela va poser de sérieux problèmes aux Boliviens eux-mêmes qui voient le prix du kilo de poulet quintupler en trois jours ! Dans certaines régions, les étales sont déjà vides ! Notre van est plus que jamais notre maison, notre refuge. La connexion au village est très mauvaise, juste de quoi se tenir informés de l’évolution de la situation. Il y a un petit air de confinement dans l’air : limités dans nos déplacements, impossibilité de prévoir la suite, faire des réserves d’eau et de nourriture. On a la chance de pouvoir manger pour 3€ tous les midis dans le seul boui-boui resté ouvert : soupe, riz, pommes de terre et un petit morceau de viande. Ce qu’on fait de nos journée ? Lire, écrire, réfléchir. On regarde aussi les chiens passer, parfois un cochon ou une Cholita avec ses quatre moutons et son agneau. On assiste au bal des enfants qui se rendent à l’école ou passent curieux nous dire bonjour dans notre van. L’un d’eux nous reconnaît (c’est le petit fils du gîte de Tuni!) et nous invite chez lui pour que nous assistions au dépeçage d’un mouton qui vient d’être tué. La famille nous accueille dans la cour où nous regardons intéressés le découpage de la bête. Le troisième jour, la situation n’est pas meilleure : le gouvernement ne semble pas disposé à ouvrir le dialogue. Sur la place du village, tout le monde nous connaît, nous sommes les seuls étrangers campés là avec leur van. Ils viennent discuter, nous expliquer la situation, nous demander comment nous trouvons leur pays. Le cinquième jour, un monsieur adorable vient même nous proposer de prendre une douche chez lui, ce que nous acceptons très volontiers. L’eau est tiède-froide, mais c’est un vrai bonheur de pouvoir se laver. On réalise aussi qu’on va devoir changer nos plans et nous rendre au Pérou dès que les routes seront ouvertes, un jour... On lit plein de choses contradictoires et on craint que la situation ne s’envenime. On commence à réfléchir autrement et on démarre le van pour voir s’il est prêt à partir : le moteur toussote ! Pas étonnant après quatre nuits froides à 4000m, la batterie a dû souffrir. On sort nos pinces crocodile et on demande de l’aide à un autochtone, mais il ne décèle pas un problème de batterie. Il sait que l’essence est de mauvaise qualité en Bolivie et il pense qu’elle a encrassé le moteur qui n’a pas tourné depuis cinq jours. Il appelle le garagiste du coin qui fait le même diagnostic : essence de mauvaise qualité. Par un coup de génie, il réussit à redémarrer le van et met de l’huile 2T dans le réservoir pour améliorer le carburant. Heureusement, nous ne sommes qu’à 120 km du Pérou, et nous ne devrons plus faire le plein d’essence en Bolivie quand nous pourrons sortir… un jour. De toute façon, il n’y a plus d’essence du tout dans les stations. Fin de journée, on se décide pour aller discuter avec les «bloqueros», celles et ceux qui bloquent la route à cent mètres de là. Ils sont beaucoup, certains nous ont déjà vu sur la place du village avec notre van et savent qu’on est posé depuis dimanche. On leur explique qu’on aimerait rejoindre le Pérou mais que c’est compliqué. Ils nous suggèrent de partir le lendemain à 5h (les bloqueurs ne seront pas encore en place) pour rejoindre Copacabana au bord du lac Titicaca et passer la frontière là-bas. Ils pensent que si nous prenons le temps de nous présenter et de discuter avec les bloqueros que nous croiserons, ça pourrait passer.

Vendredi 15 mai à 5.00, on démarre le van et nous partons. Il fait encore nuit. Nous avons deux heures devant nous avant que le soleil ne se lève. La route n’est pas éclairée. Nous contournons les différents obstacles :  gros cailloux, tas de terre, bloc de béton, branches en travers de la route. On arrive toujours à trouver un passage, parfois sur un sentier parallèle chaotique. Une fois, on doit passer par un gué dans lequel un van est resté tanké juste avant nous. Il faut dix personnes et vingt minutes pour le sortir de là ! On n’y voit pas grand chose et croisons surtout des véhicules en sens inverse qui brandissent des drapeaux pour se rendre à La Paz manifester. On franchit pas moins de 40 barrages ou obstacles sans que personne ne nous arrête. Quand le jour se lève, nous sommes à peine à la moitié du parcours. Le plus dure reste à faire, les bloqueros sont désormais à leur poste. On aperçoit déjà le lac Titicaca et les lumières sont magnifiques. La douceur du lever de soleil se mêle à notre état de stress. On est pris entre la beauté du lieu et l’envie de quitter le pays. Les bloqueros ont renforcé les barrages et s’assoient au milieu des routes. On s’arrête et on descend à chaque fois du van pour discuter. Les gens sont fermement campés sur leur position mais compréhensifs  : ils nous laissent passer 🙏. Un seul groupe nous demande de l’argent, un billet de 100 BOB, soit 12€. Nous déboursons encore une fois cette même somme à un particulier pour traverser un bras du lac sur 100 mètres dans un bac car il n’y a pas de pont…et pas de bac habilité à cause des événements. Ils adoptent le comportement qu’ils reprochent à leur système  fortement corrompu ! 
À midi, on arrive enfin à Copacabana après avoir tenté une première frontière fermée qui nous avait été indiquée pour éviter les barrages par les gars du bac. On vient de passer 55 barrages depuis ce matin, on est un peu éprouvés. A la frontière, il n’y a que nous. Les douaniers sont surpris de nous voir et nous demandent comment nous avons pu passer les blocus. Même chose du côté péruviens, les douaniers nous questionnent intrigués… nous leur racontons notre périple bien surprenant. Après les habituelles formalités de passage, nous sommes enfin au Pérou, soulagés. Il est toujours midi, nous avons reculé notre montre d’une heure ! La situation a encore empiré en Bolivie depuis notre départ… nous avons bien fait de partir.

Queue à la station à Uyuni 😅
Notre vie palpitante pendant nos cinq jours à Patamanta 😂😂
Barrages
Lac Titicaca

La suite

 Nous voici désormais au Pérou pour notre dernière partie du voyage. Le séjour sera bref car nous devons ensuite redescendre sur Santiago pour la vente du van mi-juin. Il y a 3000 km depuis Cusco. On ne sait pas trop quel sera notre itinéraire. On vous racontera tout ça bientôt.

Merci pour vos commentaires toujours appréciés 🙏.

1 commentaire

Julielefort

J'ai eu la chance de découvrir certains des endroits dont vous parlez, mais pas de la même manière! Waouh, c est incroyable! Merci merci pour ce partage

  • il y a 10 heures