Sajama, nom du hameau à 4300 m d’altitude, parc national, et plus haut sommet de Bolivie. On ne redescend plus en dessous de 3800 m depuis notre arrivée dans ce pays. Hauts plateaux d’altitude, décors incroyables, nous sommes toujours dans l’Altiplano, entourés de montagnes dans une plaine immense.
Après une nuit dans le van, on décide de prendre nous aussi une chambre à « l’hostal Oasis » pour trois nuits afin d’avoir plus de confort et de liberté de mouvement : douche « chaude », toilettes, cuisine, espace de vie, wifi. Au final, on y restera cinq nuits.Jean-Luc, Deborah et Clément se préparent à gravir un volcan. Je sais déjà que je resterai en bas en mode contemplation et méditation pendant que le trio se lancera pour l’Acotango à 6052 m. Le soir qui précède l’ascension, il y a une belle effervescence dans l’auberge. Douze personnes vont tenter l’aventure, encadrées par quatre guides. Elles se préparent à affronter le froid, l’altitude, l’essoufflement, peut-être l’impossibilité d’y arriver. Départ à 1h du matin, une heure trente de 4x4 pour parvenir à 5400m. Crampons, casques, baudrier, doudounes : des cordées de trois pour arriver au sommet au lever du soleil. Tout le monde a réussi. Un grand bravo à toutes et tous. Bravo à Jean-Luc qui a atteint son premier 6000 🥳! Génial 🙌!Un jour de repos, et nouveau départ pour le Parinacota à 6348 m. Un trio et un guide. À nouveau plein succès. Je laisse la parole à Jean-Luc pour vous raconter ces deux ascensions :
Trois villes, trois ambiances, trois belles découvertes : d’une ville de mineurs à la plus haute capitale du monde, on monte et on descend pour aller d’un endroit à l’autre et découvrir trois atmosphères bien différentes. On zigzague avec notre van dans les ruelles de chacune avec une circulation dense et chaotique : bouchons, pollution… une petite réminiscence d’Istambul et de Naples, mais cette fois-ci, nous ne sommes pas à vélo … et ce n’est pas plus facile… On s’accroche et on y va 🤢 !
En sortant du parc Sajama, nous nous dirigeons vers Potosi. La route qui y mène est magnifique, elle est un voyage à elle seule, comme beaucoup des routes que nous avons parcourues depuis le début de notre périple. La différence en Bolivie, c’est l’altitude. On roule entre 3900 et 4300 mètres d’altitude avant d’arriver dans la ville minière qui se situe à 4090 m. On se balade dans les rues comme dans n’importe quelle ville au monde alors que nous marchons 250 mètres au-dessus de l’Aiguille du Midi ⛰️!
Après Sucre, nous rejoignons La Paz en trois jours. On passe plusieurs cols dont un à 4400 m : la route monte et descend mais on reste toujours sur l’Altiplano. Arrivés à la capitale, nous sommes à nouveau à plus de 4000m d’altitude, avec un dénivelé de plus de 800m entre le bas et le haut de la ville, « El Alto », un ancien quartier de La Paz devenu une ville à part entière depuis 1985. Nous arrivons par là, avec une vue vraiment très impressionnante sur toute l’agglomération : une immense cuvette dans laquelle les habitations semblent collées à la montagne et s’étalent sur des kilomètres. Indescriptible et fascinant. La descente jusqu’aux quartiers du bas est vertigineuse, une pente à 25% et des virages en épingle. On prie pour que les freins tiennent le coup, on est sur le frein moteur en première ! Arrivés dans le quartier historique de la ville, on pose notre van dans le parking d’un studio dans lequel nous logerons cinq nuits pour plus de tranquillité … les grandes villes ça craint toujours, où que vous soyez dans le monde 😕! Le camping le plus proche était à quinze kilomètres; nous avions envie d’être au centre des battements du cœur de la ville.
Quand nous avons enfin pu quitter La Paz, nous nous sommes rendus près de de la Cordillère Royale. Nous l’avions déjà aperçue de loin en nous rendant à Peñas pour une journée depuis la capitale pour un festival d’escalade et de skyline. L’occasion surtout de retrouver Johanna et Andrea, les compagnons de cordée de JL au parc Sajama, et de manger des tiramisus à la cafétéria du village chapeautée par un prêtre italien !
On arrive donc à Tuni, hameau à 4440 m d’altitudes, après deux heures d’une route magique qui nous rapproche toujours plus de la chaîne de montagnes. Dans le tout petit village, vivent six familles. On s’installe avec notre van près du ruisseau et on mange le soir chez l’une d’entre elle qui fait aussi gîte. Trois soirées et trois tablées complètement différentes avec des voyageurs, des randonneurs et des amoureux de la montagne. Pour nous, ce sera aussi trois journées de randonnées dans un cadre magnifique. Moins cinq petits degrés le matin mais le soleil et le ciel bleu sont au rendez-vous. Une première randonnée d’acclimatation le jour de notre arrivée : JL s’envole sur les chemins, alors que moi je respire court, nausées, tournis… j’atteins à peine le niveau du Mont Blanc ! La deuxième randonnée au Paso Condoriri à 5016 m avec 700m de dénivelé se passe mieux; la haute montagne, mon corps s’y habitue tout doucement, et avec mon mental de pigeon pour ce genre de défi, je prends mon temps. Trois heures trente plus tard, objectif atteint. Troisième journée, Pico Austria, sommet à 5327m avec 850m de dénivelé annoncés 😅 : j’ai déjà prévu de m’arrêter au lac en cours de route. Comme dit le proverbe bolivien « tout est possible mais rien n’est sûr », je laisse la porte ouverte… Je verrai sur le moment ! On démarre avec un groupe de jeunes rencontrés le soir d’avant au souper : ils sont sept à tenter l’ascension en même temps que nous. L’équation est parfaite : acclimatation + effet de groupe + feuilles de coca + petites pauses plus fréquentes grâce au groupe = je monte jusqu’en haut sans trop de difficultés. Le vue au sommet sur toute la Cordillère Royale est splendide . Nous avons l’Europe à nos pieds et on aperçoit encore des sommets bien plus hauts au loin ! La re-descente sera facile. Un bon repas chaud nous attend à l’arrivée ainsi qu’un nouveau groupe avec qui partager et discuter. Nous redescendons le lendemain dans la vallée… mais les choses ne se passeront pas comme prévues…
Nous voici désormais au Pérou pour notre dernière partie du voyage. Le séjour sera bref car nous devons ensuite redescendre sur Santiago pour la vente du van mi-juin. Il y a 3000 km depuis Cusco. On ne sait pas trop quel sera notre itinéraire. On vous racontera tout ça bientôt.
Merci pour vos commentaires toujours appréciés 🙏.