Du 1 au 25 juin 2026
Le temps
Dernier mois de voyage. Ça nous paraît incroyable. Des images plein la tête, nous abordons ce mois de juin avec beaucoup de sérénité et le cœur rempli d’une énergie nouvelle. Cela fait bientôt une année que nous avons posé notre cerveau surchargé par notre quotidien pour laisser la place au temps. Cela faisait bien des années que je n’avais pas pris le temps de ce temps si précieux à ne rien faire ou à ne faire qu’en prenant son temps. Je réalise qu’il m’avait énormément manqué. Le temps de se lever, de flâner, de contempler, de nourrir son esprit à lire, à écrire, à prendre soin. En mode travail, je me bats pour l’avoir ce temps, pour le garder le plus en équilibre possible. Nos métiers se complexifient, on est parfois propulsé dans une turbine qui tourne à mille à l’heure sans toujours savoir comment l’arrêter. Je suis aussi responsable de ça. Le temps que je ne prends pas à réfléchir, à me poser, je le gaspille. Il m’échappe car je me laisse emprisonner. Quand tout s’affole, quand est tout agité, il est difficile d’être dans le juste. Reposer sa tête, calmer son esprit prend aussi du temps. Quelques nuits d’un mauvais sommeil, et le temps s’épuise. De ce temps sans temps, j’en suis guéri. Je ne veux plus de temps volé, arraché à la journée comme si j’étais un voleur de minutes. J’ai réparé mon horloge, je suis de nouveau à l’heure.Avez-vous remarqué que lorsqu’on a tout juste cinq minutes pour accomplir une tâche, on a l’impression que les minutes filent à toute vitesse comme dans une accélération incompréhensible ? Si j’ai une minute à disposition à ne rien faire, cette minute semble durer des heures. J’en déduis que prendre le temps de ne rien faire, rallonge donc le temps ou du moins le ralenti. C’est une sensation, mais elle est bien réelle. Cette année, elle n’est pas passée trop vite, je dirais même qu’elle est passée moins vite qu’une année de travail. Le rythme lent de nos journées, même si bien remplies, a prolongé le temps que nous avions à disposition. Se déplacer à vélo ou à pied instaure forcément une cadence différente. Même à bord de note van, nous n’avons jamais fait sauter le compteur… il n’en avait de toutes façons pas les moyens ! Le contact avec la nature a aussi contribué à ce ralentissement. On l’a côtoyé presque au quotidien et on s’est mis en diapason avec elle. La nature prend son temps, toujours, où qu’elle soit, quoi qu’elle fasse. Elle se régénère, se restaure, se répare à un rythme qui lui est propre. Un exemple à suivre qui m’inspire et que j’ai toujours gardé dans un coin de ma tête.- le parc national Pan de Azucar et ses cactus endémiques,
- la plage “Bahia Ingles” et ses algues bioluminescentes à la nuit tombée : des vagues vert-bleu fluo qui roulent jusqu’à la plage,