Pérou

Publiée le 04/06/2026
Du 15 mai au 1 juin 2026 « Le vaste monde : un grain de poussière dans l’espace. » Nous profitons de ce grain de poussière péruvien, où nous ne passerons que quinze jours, pour faire encore de belles découvertes dont l’Amazonie sera notre coup de ♥️.

Arrivée au Pérou

Puno- Cusco

Première étape péruvienne : Puno, au bord du lac Titicaca, lac frontière entre Bolivie et Pérou. Nous nous remettons à peine de notre journée rocambolesque qui nous a permis de passer la frontière et prenons juste le temps d’une limonade sur une terrasse pour télécharger les cartes avant de repartir dans les hauteurs du lac et y passer la nuit. La ville de Puno est bruyante; elle n’invite pas à s’y poser, surtout en van. Nous constatons que nous avons encore 2400 BOB (300 €) en poche que nous avions retirés à La Paz pour payer une partie de ce qui devait être notre séjour en Amazonie. En Bolivie, tout se paye en cash et les retraits dans les banques sont limités : on avait donc anticipé ! On se rend vite compte que le change proposé dans les agences de Puno est une vraie arnaque. Si nous changeons au taux proposé, nous perdons 120 € sur les 300 qui nous reste, ce qui ne nous emballe pas vraiment. On décide de mettre une annonce sur le site « Les Français en Bolivie » pour échanger cet argent contre des SOL péruviens à Cusco où nous serons dès le lendemain. On verra bien. Mais au vu de la situation actuelle, les gens y réfléchissent à deux fois avant de se rendre de l’autre côté de la frontière : ils attendent que la crise s’estompe, ce qui ne sera toujours pas le cas dix jours plus tard… On se tient au courant, nous sommes en contact avec des voyageurs rencontrés en Bolivie : ils n’arrivent pas à sortir du pays et galèrent sur des chemins de traverse sur lesquels on leur demande de l’argent. Comme nous l’avions imaginé, la situation s’est encore dégradée. Nous avons bougé au bon moment ! Sur le site « les Français en Bolivie » que certains aimeraient renommer « Les Français pas en Bolivie (!) », des gens publient des messages intitulés :

« La Paz, plan d’évasion », « C’est par où la sortie ? » « Comment ne pas aller en Bolivie. » 😅😅.

Le deuxième jour de notre arrivée au Pérou, nous sommes déjà à Cusco, ancienne capitale inca. Nous avons roulé toute la journée sur une très belle route pour y arriver. La ville est vraiment magnifique mais hyper touristique. Je me rappelle y être passée il y a douze ans. Je ne reconnais plus du tout l’énergie qui l’habite aujourd’hui avec ses hordes de touristes qui la sillonnent. Je me rappelle d’une ville paisible où il faisait bon flâner. Malgré la beauté du lieu, on en est loin aujourd’hui! Pour échapper à tout ça, on se rend au marché populaire pour manger. Il n’y a que des touristes assis aux différentes échoppes 🫢. Cela ne nous empêche pas de déguster un délicieux ceviche et de profiter ensuite de la ville.

L'Amazonie

Deuxième constatation dès notre arrivée au Pérou : le compte à rebours a commencé et nous ne pourrons pas passer beaucoup de temps dans ce pays. Nous allons devoir faire des choix. Nous décidons de favoriser l’Amazonie au détriment des montagnes car nous n’avons pas encore eu la possibilité de la découvrir.

On organise assez vite notre séjour avec une agence éco-responsable conseillée par d’autres voyageurs. Elle reverse une partie de ses revenus à la protection et au maintien de la forêt. On ira du côté de Puerto Maldonado, à la frontière avec la Bolivie et le Brésil, sur le fleuve Tambopata, loin de tout.

Pour nous rendre à Puerto Maldonado, nous prenons le car de nuit. Il est très confortable, avec sièges inclinables à 180 degrés. Cela nous évite mille kilomètres aller-retour et presque vingt heures de conduite… Ici, les distances se comptent en heures et non en kilomètres ! En une seule nuit, nous passons des 3400m d’altitude de Cusco aux 200m de la forêt amazonienne. Au réveil, l’ambiance est complètement différente : végétation très dense, pas une montagne à l’horizon, chaleur et humidité.

Le guide nous attend sur place. En fin de matinée, après une heure de route et autant de pirogue, nous sommes au camp de base, un lodge magnifique où nous passerons quatre jours en compagnie de notre guide Guvenal et trois autres personnes : un couple venu d’Allemagne, Cara et Dennis, et Mourad, un Marocain qui vit en Hollande. Exploration de la jungle, observation de la faune et de la flore, à pied, en pirogue, de jour comme de nuit sont au programme. Guvenal a un œil affuté et connaît tous les recoins pour observer les animaux et découvrir cet univers hostile. Interdiction absolue de toucher à quoi que ce soit, ne serait-ce qu’à un tronc d’arbre. On marche dans la gadoue avec de grosses bottes en caoutchouc, on s’y enfonce parfois jusqu’à mi-mollets et on traverse des cours d’eau. On a le nez en l’air, au sol, sur les côtes, tout nous interpelle. La forêt regorge de vie et ce ne sont pas des grosses bêtes dont il faut se méfier mais des plus minuscules : fourmis, moustiques, insectes en tous genres. Je me fais d ´ailleurs piquer à la nuque par une bestiole orange. Douloureux mais sans conséquences 😅😅.

Ce que nous avons vu :

- Le plus gros rongeur du monde : le Capibara avec ses pattes palmées qui lui permettent d’être un très bon nageur. On le croise plusieurs fois au bord du fleuve ou nageant dans l’eau, seul ou en famille. C’est le repas favori du jaguar !

- Araignées de toutes les tailles et de toutes les couleurs avec de belles toiles assorties. On croise aussi l’impressionnante tarentule qui sort à la nuit tombée si on la titille un peu. Elle vit au pied des arbres, cachée sous les feuilles. 

- Des singes : cappuccino et autres. Agiles et futés, ils nous narguent tout en voltigeant d’une branche à l’autre au-dessus de nos têtes. 

- Une grenouille minuscule capable de tuer un boeuf. 

- Quelques colibris allant de 5 à 10 cm : rapides rapides rapides… 80 à 200 battements d’aile à la seconde 🫪. Qui dit mieux ? 

- Des empreintes de jaguar toutes fraîches. On est arrivés trop tard. Pour le moment, un mythe. 

- Les traces d’un tapir non loin de celles du jaguar. Il a dû se faire bouffer grave.

- Des caïmans nageant dans la rivière où se dorant au soleil sur des troncs d’arbres, l’œil toujours fixé sur nous. Flippant. 

- De l’agitation dans l’eau brune qui signale la présence de piranhas. Notre guide, on le croit sur parole. 

- Un immense arbre creux et calciné de l’intérieur devenu un repère pour les chauves souris

- Un serpent et un petit rongeur de sortie la nuit. 

- Des perroquets et des aras en quantité. Bleus, jaunes, verts, rouges, superbes. On les observe tout particulièrement un jour, accrochés à une falaise minérale qu’ils viennent croquer tous les matins à l’aube pour nettoyer leur organisme. Une explosion de couleurs. 

- Des papillons en nombre dont celui aux ailes bleu électrique, le plus grand au monde. Splendide. 

- On manque les tapirs et les pécaris malgré une heure trente à l’affût sans parler ni bouger au-dessus d’un bourbier où ils ont l’habitude de se vautrer. Dommage, on était au taquet ! 

- Le félin dont tout le monde parle, qu’on espère tous voir mais qui ne se montre que très rarement : le jaguar 🐆 !! Et deux fois plutôt qu’une ! La première fois, on le voit posé sur la plage, immobile, observant attentivement le Capibara posé sur la rive d’en face alors que nous passons en pirogue. Whaou! Il se laisse admirer quelques minutes avant de regagner la forêt derrière lui. La deuxième fois, c’est une femelle. On la croise en revenant de notre balade en pirogue. Elle marche le long du fleuve et nous pouvons la suivre durant deux bonnes minutes à moins de cinquante mètres. On est comme des gamins silencieux, ce qui amuse beaucoup notre guide, lui aussi super content de pouvoir partager ce moment avec nous.

Plus encore que ce que je vois, je suis impressionnée pas les bruits de la forêt qui nous accompagnent tout au long de nos marches silencieuses afin de nous imprégner de toute la richesse du lieu. Ses sons nous parviennent de loin mais parfois aussi de tout près. C’est la voix de la jungle, son cœur qui bat mais aussi ses silences profonds. Craquements, bourdonnements, sifflements, gloussements, bruissements, battements d’ailes, cris, identifiables ou pas. La nuit, le paysage sonore est encore différent, la vie nocturne est plus discrète mais pas moins fascinante. Notre bungalow est entièrement ouvert vers l’extérieur, enclos dans d’immenses moustiquaires, ce qui donne l’impression d’être au cœur des éléments, même quand on dort.

La forêt, c’est un univers en soi fait de mystères et de contes terrifiants. Un monde sombre où la lumière se fait rare car occultée par une végétation dense sur plusieurs étages. Une expérience unique.


P.S. Les photos ne sont pas de nous mais de nos compagnons de jungle qui avaient des appareils de ouf avec téléobjectifs de malade ! De toute façon, Jean-Luc avait oublié son chargeur au camping à Cusco 🙃.


Capibara sous toutes les coutures 😋
L'oeil attentif....nous aussi 🫪
Tête à tête
Colibri du matin
Singe malicieux
¿ Quién es ?
A l'affût du Capibara
Au bord du Rio Tambopata
La force tranquille…
Tsssss …..
Froutch froutch
Rouge flamboyant
Feu d’artifice sur la falaise minérale.

Canyon de Colca

De retour d’Amazonie, nous reprenons la route avec notre van direction le canyon de Colca. Nous décidons de passer par les montagnes où nous passons deux cols à hauteur du Mont-Blanc. On fait la route en deux jours avec un arrêt à 4000m pour passer la nuit. On se couche avec la pluie, on se lève sous la neige ! La journée qui suit, on est immergés dans la blancheur des paysages et de la route saupoudrée de neige. On l’avait pas vu venir, mais c’est magique !

Non loin du canyon, on se pose sur la place centrale à Cabanaconde, un charmant petit village entouré de volcans. Au programme : observation des condors tôt le matin, descente dans le canyon avec 1000 m de dénivelé négatif sur un sentier rocailleux : ça casse bien les pattes ! On passe par l’oasis de Sangalle avant de remonter de 300 m pour dormir dans un joli gîte avec vue imprenable sur la falaise à San Juan de Chuccho. Le lendemain, départ à 6.30, descente au niveau de la rivière pour remonter sur 1200m. Retour au van. Suis calmée ! Les températures sont chaudes, on est passé de la neige à la canicule en moins de 24 heures !


Et viva Alcazar !

Sur la route du canyon de Colca, gros bouchon au col à 4750. Une file de camions interminable… on pense qu’il y a eu un accident. Au bout d’un moment, on comprend qu’il y a une manifestation, les agriculteurs bloquent la route (🫩 !), ils ne sont pas contents… 

Après les élections au Chili en décembre qui menaçaient de faire du grabuge à Santiago quand nous y étions, le barrage des routes en Bolivie, nous voilà pris dans la tourmente des agriculteurs péruviens ! Une dame s’approche de notre van et nous dit par la fenêtre que si nous écrivons en gros sur notre pare-brise : « E viva el Palta »,  nous pourrons passer 🫪 ! C’est qui lui ? Pour finir, devant notre air interrogateur et voyant que nous ne sommes pas franchement des révolutionnaires péruviens, ils nous laissent poursuivre notre chemin… On remonte alors de l’autre côté du blocage une autre file de camionneurs avec écrit en gros sur leur pare-brise : «E viva El Palta !». Les élections présidentielles ont lieu le 7 juin, et ça risque d’être chaud d’ici là…


Blanc sur blanc
Déco en blanc…
Majestueux…
Quelle envergure…
Descente sur 1000m
Oasis de Sangalle

Arequipa

La route qui mène du Canyon de Colca à Arequipa est à nouveau magnifique. On y croise ni une voiture ni le moindre petit hameau sur 180 kilomètres. La piste non asphaltée est plutôt roulante mais vaudrait mieux ne pas tomber en panne par ici ! 

On arrive à Arequipa dans l’après-midi. Il fait chaud, le climat est très différent, il ne pleut que quelques jours par an. Arequipa est une jolie ville dont le centre est classé au patrimoine de l’Unesco. On se balade dans la ville, rendons visite à Juanita, la jeune fille donnée en sacrifice au volcan par les Incas et retrouvée en 1995 sous la glace et parfaitement conservée. Elle est désormais dans un musée très intéressant, toujours frigorifiée 😅.

Nous y retrouvons aussi Vincent (en chair et en os !) avec qui nous étions en contact pour « l’évasion de Bolivie ». Il y a aussi une famille belge en camping-car (un couple et deux enfants de 10 et 8 ans) et un couple que nous avions rencontré à Sucre en Bolivie dans leur van Toyota (il est pour le moment chez le garagiste car le moteur a cassé 😕). Tous les sept, ils ont fait le périple jusqu’à la frontière péruvienne depuis Cochabamba en Bolivie. Ils nous racontent cette épopée d’une semaine entre barrages, rackets délirants et chemins sablonneux d’où Vincent a dû les tirer plus d’une fois de l’enlisement avec son 4x4. Un beau récit de solidarité et d’humanité pour eux. Ils se sont serrés les coudes et en garderont un souvenir indélébile. On a une pensée particulière pour le peuple bolivien qui est au bord de la guerre civile. Le 30 mai, la situation s’était encore aggravée. 

Les jours suivants, chacun repart de son côté pour la suite de son voyage : qui va vers l’intérieur des terres, qui remonte en direction de l’Equateur , qui attend son moteur ! Quant à nous, on se dirige vers le Chili qui est désormais à deux petites journées de route.


Retour au Chili 

Le 1 juin, nous passons la frontière après avoir longé un bout de la côte Pacifique, une route désertique avec des plages de sable ou de rochers. La route file entre l’océan et d’immenses dunes. On fait la connaissance de la Camanchaca, une brume qui se forme le long des côtes péruviennes et chiliennes et qui apporte l’humidité sur ces terres désertiques et hyper-arides. Elle se déplace ensuite vers les montagnes pour former un épais brouillard qui ne produit pas de pluie à cause des gouttelettes trop fines qui le compose. La Camanchaca reste suspendue dans le paysage côtier, voilant l’horizon, plus particulièrement à l’aube. Nous sommes loin des montagnes et ça nous fait du bien de respirer l’air iodé de l’océan et entendre le bruit des rouleaux qui se fracassent sur le rivage. Les vagues sont belles et prisées les surfeurs. Mais à cette saison, il n’y a personne.

Le passage douanier d’un pays à l’autre est un peu folklorique, rien n’est bien clair. On se retrouve sur un grand parking à chercher des papiers, puis à se balader d’un poste à l’autre pour les faire tamponner. On termine par la fouille sanitaire de notre van. On a bien pris soin ces derniers jours de finir tous les fruits et légumes, le pot de miel, les produits laitiers, car on sait que les contrôles sont très stricts et que les amendes sont bien salées. Tout est ok, on avance nos montres d’une heure, nous revoilà au Chili, nous retrouvons cette terre longitudinale de 6400 km coincée entre Pacifique et Cordillère ! Cette fois-ci, nous sommes à l’extrémité nord et nous allons longer une partie de sa côte pour redescendre jusqu’à Santiago en une vingtaine de jours. Le grand périple sud américain sera bouclé pour nous : on a quitté Santiago par le sud, on y revient par le nord. On a vaguement un itinéraire, on fera en fonction de nos envies. 

Revenir au Chili, c’est un peu comme rentrer chez nous. On y a déjà nos repères et nos habitudes. On ressort nos pesos chiliens restés au fond du sac, on retrouve des produits alimentaires qu’on aimait bien, leur pain particulier et leur cuisine pas très intéressante 🤭. On va se remettre à cuisiner un peu plus 😁.


Prochaines News fin du mois…et après on rentre 😁.

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