Panama, back to the future

Publiée le 12/07/2018
Revenir en arrière pour mieux prendre du recul...

État d'esprit

J'arrive au bout des derniers articles de ce blog. Et j'avoue que je ne sais qu' écrire. J'ai essayé au maximum de diversifier mes écrits, allant d'une description naturaliste de mes journées à l'introspection en passant par le récit d'action. Mais aujourd'hui que puis-je raconter de plus ? Ça n'a rien d'évident.

Pour faire le récit des mes journées de voyage, il faut tout d'abord les comprendre et les digérer pour pouvoir ensuite les restituer. Bien des fois j'ai commencé un article sans pouvoir en écrire la fin, pour finalement décider de tout effacer et recommencer. Tout simplement car au fil des jours je sens que je prends du recul sur ce que je vis, et que je finis par comprendre ce que réellement je veux garder. Tantôt la photo d'un paysage sublime, l'éphémère d'une rencontre ou encore la précision d'une réflexion qui traverse mon esprit quelques longues secondes.

Mais aujourd'hui je ressens un malaise profond à ne pouvoir exprimer mes sentiments et mes tourments. Comment vous raconter ce qui me passe par l'esprit alors que moi même je ne peux poser des mots dessus ? Le fait de me retrouver complètement seul a exacerbé ces réflexions inconscientes. J'essaye de conjecturer certaines explications, mais qui me paraissent peu convaincantes. Et sûrement qu'en lisant ces mots vous aussi vous ne pourrez vous empêcher d'émettre tout un tas d'hypothèses avec les fragments d'informations que j'ai disséminés dans mes récits. Mais la complexité de la situation me donne l'impression qu'il est presque impossible de résoudre ce flot confus d'émotions qui convergent. Elles proviennent peut-être de l'histoire qui a construit ce voyage, de tout le présent que je prends en pleine figure depuis mon départ ou de la vie future sur laquelle je dois me projeter. Sûrement un mélange désordonné de tout cela qui tantôt me plonge dans une profonde tristesse puis qui m'apporte un fort sentiment d'accomplissement... Mais finalement arriver à écrire ces quelques lignes représente peut être déjà un début de réponse.

Panam'a !

Je ressentais le besoin de vous introduire mon état d'esprit avant de décrire mes dernières aventures au Panama. Je crois que le discours neutre de mes journées n'aurait pas été honnête et pas même pertinent. Car chacune de ces journées est empreinte de cogitations incessantes et de revirements de mon humeur, chose que je ne peux transcrire. Pour autant, même si cela ne constitue pas l'essence de mes pensées, je veux revenir à une description journalière de mes balades, autant pour les partager avec vous, que pour moi, afin d'en garder une trace écrite.

3 petites semaines me restent pour finir ce voyage que j'ai commencé à quelques kilomètres d'ici, à Carthagene. Lorsque je sors de l'aéroport climatisé de Panama city, la sensation de l'air chaud et humide dans mes bronches me rappelle immédiatement mon arrivée en Colombie. Finalement le climat hivernal du Chili ressemble à celui de Toulouse que j'ai quitté en Décembre.


Première surprise dès mon arrivée; la monnaie, les places et même les bières sont à l'effigie non pas du libérateur comme c'est le cas dans toute l'Amérique du sud ( Simon Bolivar, San Martin, ...), mais du colonisateur espagnol Balboa.
Mais ne vous y trompez pas, hormis dans la petite partie touristique du vieux centre de la ville de Panama city, vous ne trouverez aucun héritage de l'empire espagnol. Ici le colon est clairement américain et cela se ressent dès que vous sortez de l'avion. On m'avait mis en garde sur le paysage très urbain du Panama. Mais bien qu'averti, je me sens rapidement étouffé par la grandeur des buildings, à la manière de mon arrivée à Miami. Je m'amuse à retrouver les grands échangeurs, et les trottoirs immenses permettant à une population nettement en surpoids de se déplacer. La culture de consumérisme étasunienne est omniprésente et par moment oppressante. Effet que je pense amplifié une fois qu'on a traversé les chemins que j'ai empruntés.

On peut comprendre aisément que ce paradis fiscal est un point stratégique majeur pour Big Brother. Il contrôle un axe majeur du commerce mondial : le canal de Panama. Échec cuisant de l'ingénierie française, la construction fut terminée au début du XXème siècle par les USA qui ont ainsi la main mise sur le commerce international. Un bijou de technologie qui apparaît aujourd'hui comme une fierté nationale, mince compensation pour les milliers d'hommes qui ont laissé la vie dans sa construction.

24 heures me suffiront pour visiter ces points d'intérêt de Panama city. Je m'y rends sans grande considération tellement l'enjeu de ces dernières semaines ne reside pas devant mes yeux, mais certainement quelques centimètres en arrière. Et je ne tarde pas à fuir vers le nord, en direction de lieux plus paisibles,  et plus aptes à ma méditation...

Les buildings
Le vieux centre
1 commentaire

EmmaM

ô Toulouse , ô Toulouse !!!
bises

  • il y a 9 mois
1 Voyage | 45 Étapes
Panama
209e jour (02/07/2018)
Liste des étapes

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