Mancora et Chiclayo, un début en demi-teinte

Publiée le 23/03/2018
Changer de pays implique souvent des temps d'adaptation, que ce soit physiquement ou mentalement. Prendre la mesure en écoutant le ressac du rivage...

Mancora

Si on vous parle de villages de fêtes et de surf sur la côte vous ne pouvez pas passer à côté de Mancora. Plus sauvage que Montanita et moins peuplé, ce village de pêcheur est perdu au milieu d'un grand désert aux dunes dignes du Sahara. Dans cette étendue de sable naissent on ne sait comment des villages montés de 4 poutres en bois et un bout de tôle.. Mancora en est l'un d'eux. 

Nous y resterons à peine deux nuits. Le programme s'accélère alors que le temps nous file entre les doigts. Nous trouvons un hostel le long de la plage, un peu loin du centre, situation parfaite pour profiter de la chaleur du sable et de la fraîcheur de l'eau. Les différents voyages nocturnes ainsi que les randonnées ont affaibli les organismes et c'est donc un repos bien mérité. 

Notre abri de fortune se situe directement sur la plage, à une dizaine de mètres de l'écume océane. Je me fais souvent la réflexion troublante que de l'autre côté de cette petite étendue se trouve l'Asie. D'ailleurs il est amusant de se rendre compte que les différences entre les cultures sont parfois fines. Ce n'est pas la première fois qu'un voyageur ayant foulé les deux continents me fait part des similitudes entre les paysages urbains, la nourriture ou même parfois les phénotypes humains. Peut-être que l'Amazone que nous descendrons ressemble au Mékong? J'irai volontiers vérifier un de ces jours.


Un atome est électriquement neutre

Avant même de poser pied à terre au Pérou je m'étais déjà créé un à priori plutôt négatif sur la population locale plus habituée à profiter du tourisme. Et dès notre arrivée mes craintes vont se confirmer. Que ce soit en Colombie ou en Equateur nous avons l'habitude de négocier les prix, que ce soit pour manger, se déplacer, dormir ou s'équiper. Mais cela se fait toujours de façon raisonnable et respectueuse. Les premiers mototaxis que nous prenons au Pérou n'hésitent pas à mentir, à multiplier les prix par 5 ou par 10 et à nous déposer dans des endroits déserts en plein milieu de la nuit si nous refusons de payer un trajet plus long. Le décor est instantanément planté et nous voilà avertis. Je me surprends même à tenir les mêmes discours que les voyageurs que je méprisais il y a quelques mois de ça en Colombie.

Et c'est à ce moment précis que le pays va décider de me faire mentir. Nous accueillant dans sa maison grouillante de vie à Chiclayo, Katian descend de son pallier pour donner une leçon magistrale au conducteur qui essayait de nous arnaquer. Etudiante en médecine, l’accueil dont elle nous a fait bénéficier est au delà de nos espérances, et sa bonne humeur nous enchante. Elle s'occupe de moi comme une mère alors qu'un virus me clouait au lit de la chambre, et s'arrange pour que notre séjour se passe de la meilleure des manières. 

Physicien convaincu, son père a donné le nom de Joule à son fils, l'unité du travail pour qu'il mène une vie active réussie, tandis qu'il choisit "Katian" pour sa fille, le "cation" libérant des charges positives en chimie. L'analogie me fait sourire et je ressens qu'elle porte ce prénom comme une fierté. 

Mais les lois de la physique nous l'ont appris depuis longtemps, l'ensemble de la matière est neutre. Pour chaque charge négative se cache quelque part une charge positive comme ce jour là à Chiclayo, et il ne tient qu'à nous de les trouver.


Katian et ses invités
1 commentaire

Fabien

GxiGloN

Chaque journée de voyage est forcément ponctuée par un fait positif. Pour peu qu'on accepte de laisser place à l'inconnu(e) :)

  • il y a 1 an
1 Voyage | 45 Étapes
Máncora, Pérou
94e jour (09/03/2018)
Liste des étapes

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