Boquete, mise au vert

Publiée le 18/07/2018
Volcan, rencontres et sagesse. C'est a Boquete que je reprends ma mise au Vert.

Finalement après tous ces mois à expérimenter j'ai peut-être fini par m'assagir. Pas vraiment dans le sens des vieux sages qui possèdent le savoir de l'expérience, mais plutôt celui de me tenir plus tranquille.
J arrive à Boquete sur les rotules. J'ai passé la nuit dans le bus, et les jours précédents à dormir dans les aéroports. Autant dire que je suis dans un piètre état.

En parlant avec la responsable de l'auberge de Boquete, dans le nord du Panama, un éclair de folie me sort de ma torpeur. Elle m'explique que ce soir est organisé pour les plus sportifs une ascension nocturne du volcan local, sommet du Panama. 14 heures de marche sous des températures négatives. A première vue,  ça a tout l'air du genre de challenge que j'aime me lancer, et je me dis que je dois profiter de chaque jour afin de ne pas avoir de regrets en rentrant. Un argumentaire logique qui devrait finir de me convaincre. Car contrairement à d'habitude je n'ai pas une forte volonté de le faire. Mais ça doit être seulement un coup de fatigue et je me dis que demain je serais bien content de m'être forcé la main...
Je  commence les preparatifs, mais au fil que la journée je sens ma motivation décliner. Je me surprends même à souhaiter que mes compagnons d'infortune se désistent pour pouvoir enfin dormir cette nuit.
Je réalise petit à petit que finalement la raison l'emporte. Le défi ne trouve aucune personne pour entrer en résonance. Je finis par abandonner l'idée à une heure du départ.

Le voyage m'a apporté un sentiment d'accomplissement. En partant on ne sait pas vraiment ce que l'on cherche ou ce que l'on fuit. Et la réponse à ces questions peut prendre des aspects inattendus pour chacun. Je ne m'étais jamais dit que j'escaladerai un volcan. C'est ma route qui a trouvé en Equateur le besoin de le faire sans savoir pourquoi. Et aujourd'hui cette nécessité est bien plus faible. Preuve que je n'aime pas nécessairement l'alpinisme, mais que j'ai trouvé dans le Cotopaxi un moyen de résoudre certaines interrogations et de réaliser un objectif inconscient. Et finalement rajouter une ascension à la liste ne m'apporterai aucun bien être supplémentaire. Je réalise alors que je ne fais pas les choses pour impressionner les autres mais certainement car j'en ai besoin, écho à mes questionnements de pré-départ. Et c'est sans doute le plus important.

Le lendemain je rencontre un couple de français, Marie et Mathias, professeurs de maths et histoire. Je partage une randonnée dans le domaine de mystique Quetzal avec eux. On parle de sujet très variés au fil de la journée et je ressens moins l'impact de la solitude. Même si le climat pluvieux de cette saison rend les jours moroses, Cela fait du bien de rechausser ses chaussures de marche et de retrouver la forêt. J'ai même la chance de percevoir l'éclair bleuté de l'oiseau au sommet d'un arbre l'espace d'une courte seconde. Je respire à nouveau. Je profite de mes nouveaux amis métropolitains pour me vêtir de mon plus beau drapeau et supporter les bleus contre l'Uruguay. J'ai apprécié passer du temps avec eux et je ne sais pas encore que ma route me mènera à les retrouver...

Mais même si le contact a été facilement lié, j'ai tendance à ne pas trop m'ouvrir aux gens. Je le fais sans aucune peine quand l'occasion se présente mais je ressens toujours un frein à aller plus loin qu'une simple conversation. En fait je ne recherche pas vraiment de compagnons de voyage. Même si la solitude est parfois un fardeau je ne cherche pas à en sortir. C'est une thérapie de fin de voyage, et je souhaite l’expérimenter dans tout ce qu'elle a de bon et de moins bon. Quitte à passer à côté de belles rencontres...

Le long du chemin
Un peu plus haut
Allez les bleus !
1 commentaire

EmmaM

Léo , tu es un Champion , tu es un Champion , tu es, tu es , tu es un Champion !!!
bisous

  • il y a 11 mois
1 Voyage | 45 Étapes
Boquete, Panama
211e jour (04/07/2018)
Liste des étapes

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