Cali-ente !

Publiée le 30/12/2017
Je voulais apprendre la salsa durant mon voyage... Me voilà propulsé sans le vouloir dans la capitale mondiale de la bachata, durant les férias : deuxième plus grand événement de colombie après le carnaval de Branquilla !

Les férias de Cali

1,2,3...5,6,7

1,2,3...5,6,7

1,2,3...5,6,7 !

En voyageant en Colombie nous avons parfois pu nous égarer des chemins principaux. Trouver perdu dans la campagne un cabanon en bois où ici aussi résonne les notes du Cali Pachanguero. 

Cali est à la salsa colombienne ce que Rodez est au brise-pied. Une ville qui accueille et inspire les musiciens. Des scènes sont disposées dans la ville qui en véritable éruption. Nous retrouverons des amies rencontrées plus tôt à Guatape pour apprendre les rudiments de la salsa autour d'un concert del Grand Combo de Puerto Rico. 

Cali est considérée comme l'une des villes les plus dangereuses du monde actuellement. Mais je ne m'y suis jamais senti menacé. Les gens sont aimables, mêmes les sans abris apprécient discuter et les voyageurs de passages sont pour la grande majorité heureux de leur séjour. Evidemment, des histoires circulent dans les hostels sur des voyageurs agressés, mais je n'en ai rencontrés aucun. Comme en France, il faut être prudent, mais ne pas se fermer à l'inconnu pour autant... comme disait un grand homme : "la peur n'empêche pas le danger". Un corollaire de la loi de Murphy dit que la paranoia augmente la malchance.

Je passerai le jour de l'an seul

Certaines décisions n'ont rien d'évidentes. Pour celui qui les prend mais aussi pour ceux qui les subissent. 

Les voitures passent sans cesse dans un vacarme continu, nous empêchant de traverser. Comme pour faire durer ce moment déchirant quelques minutes de plus. Sadique. Julian part et je ne le suis pas. "Je passerai le jour de l'an seul". Cette phrase résonne dans ma tête tandis que le flot urbain ne cesse d'apparaître sur la brisure de la route. Julian a accepté ma décision, sans protester. Pourtant celle-ci l'influence tout autant que moi. C'est à cela je crois que l'on peut reconnaître un véritable ami. Il ne m'en veut pas, pourtant j'entends tourner la même rengaine dans son esprit. "Je passerai le jour de l'an seul". C'est un jour comme les autres, il ne correspond à aucune réalité scientifique, à aucun fait historique ou politique. Pourtant il est culturel, et personne ne souhaite le passer seul. Ni moi, ni Julian. Mais je dois le laisser.

La Colombie s'agrippe pour quelques semaines supplémentaires. Je pars rejoindre un nouvel ami à Bogota, j'aimerai faire le carnaval de Pasto et profiter de quelques morceaux supplémentaires pour améliorer mon déhanché. Je sais que la décision de rester est la bonne pour prendre le rythme de cette aventure, mais je n'aime pas les séparations. 

Le taxi s'arrête, le ventre se noue. Une dernière accolade. Un semblant de virilité me retient une larme en coin de l'oeil. Julian claque la porte. Le coup de vent fait couler la larme. Julian est parti. Je sors mon portable pour capturer l'émotion presque nulle d'un taxi qui s'en va sur l'asphalte. Mais celui-ci s'éteint. Il ne veut pas que je prenne cette photo. Le moment restera une image, un souvenir, une larme chargée en histoires.

Bon vent mon petit SH, profite un maximum de la suite de tes aventures ! Merci pour cette introduction à la vie latine et je n'ai aucun doute que notre prochaine rencontre sera d'autant plus intense. Je ne m'inquiète pas et je sais que toi non plus.

Je passerai le jour de l'an seul, mais l'on est jamais seul quand on possède un tel ami.

Feliz ano nuevo

Voyager seul c'est être sans filet. Si l'on reste allongé dans son lit à attendre que le temps passe les yeux rivés sur le plafond, on ne rencontre que son oreiller. Il faut parfois se faire violence car il n'y a plus personne sur qui se reposer. Et c'est ce que j'ai fait.

Je n'ai jamais rencontrés autant de personnes que dans mes quelques jours de solitude. Voyager seul est un concept bien étrange car c'est le moment où on tisse le plus de liens. Finalement être seul c'est rechercher l'autre. J'imaginais cela comme une méditation très intime mais c'est dans le partage que je me suis épanouie. Dans cette toile de nationalité, j'ai jeté mon dévolu sur une colocation "erasmus" pour passer le jour de l'an.

12 personnes vivent dans cette véritable auberge espagnole. La maison est immense et je ne peux m'empêcher de penser y vivre avec mes amis français.... Plusieurs salons, cuisines, patio, rooftop. Le lieu est idéal.

A mon arrivée la cuisine est en ébullition. Chaque pays tente de montrer aux autres ses spécialités et traditions. La coupe du monde de gastronomie se déroule sous mes yeux, ce qui ravie mes papilles et mon odorat.

Peu avant minuit, les allemandes nous initient à leur tradition bavaroise : le Bleigießen. Cela consiste à jeter du plomb fondu dans un saladier d'eau froide alors que les feux d'artifices résonnent en fond sonore. Ainsi le plomb prend une forme qui s’interprète et décrit l'année à venir. Mon "objet" 2018 sera ainsi une louche ! L'interprétation officielle dit que je vais aider beaucoup d'inconnus cette année, certains me le rendront mal mais que je ne dois pas perdre foi en l'humanité pour autant. Cela me laisse songeur... 

2017 touche à sa fin, les dernières secondes lui font perdre sa consistance. Cette année à laquelle je me suis agrippée avec détermination s'effiloche dans mes mains. Je la sens partir mais une nouvelle arrive aussitôt et les surprises qu'elle me réserve me fascinent. 

Le premier son de cloche retenti et nous commençons à manger les 12 grains de raisons traditionnels sur le glas de l'horloge. Honnêtement le raisin n'est pas bon, mais je m'efforce de le manger. Chaque grain représente un mois de l'année à laquelle nous devons repenser. 1,2,3,4... L'acidité est la première sensation qui me saisit la langue. j'ai envie de tout cracher mais je dois continuer ... 5,6,7,8... j'arrive à passer outre l'amertume du fruit et le bol est à moitié vide, et j'entre-aperçois la fin du supplice!! ... 9,10,11,12 ... Finalement le sucre caché à l'intérieur du jus fait son apparition, la douceur revient dans mes papilles et mon visage s'adoucit. Le bol est vide alors que je n'ai pas l'impression de l'avoir entamé.

2018 est là, dans le ciel des lanternes s'envolent et les feux d'artifices viennent éclairer le ciel noir où mes yeux se noient. Après quelques tours de magie, des shots et de la musique, je me retrouve au levée du soleil à danser la salsa dans une boîte colombienne. Cette année est passé vite, très vite, et je sens déjà que la nouvelle démarre à tout allure.


L'auberge espagnole
5 commentaires

Mandarine31

Je partage ton émotion .... Mais tu ne seras pas seul le jour de l'an ! Je serai là et je ne serai pas la seule ....Bisous .

  • il y a 3 semaines

EmmaM

nous serons nombreux à penser à toi , Léo, pour le nouvel an." Bon bout d'an ", comme on dit en Provence et particulièrement à Fuveau . bisous, bisous;

  • il y a 3 semaines

Vv

Bonne année Leo
Bonne continuation de voyage et d émotions.
Des bises
Vero

  • il y a 3 semaines

EmmaM

très bonne année 2018 LEO . Une année formidable de dépaysement ,de découvertes , de rencontres , d'échanges ,de partage.... merci de nous faire partager cela . je t'embrasse .

  • il y a 3 semaines
Léo

Leo

Merci à tous ! Joyeuses année à tout le monde et qu'elle soit heureuse en remplir de choses nouvelles !
Merci de m'accompagner dans ce voyage :)

  • il y a 4 jours