Thorang Phedi 4450-> Thorong La Pass 5416m -> Muktinath 3800

Publiée le 08/03/2020
L’apothéose ! 16,3km - 10h35 - 987m D+ - 1847m D-

Encore une nuit chaotique. Je me suis tourné dans tous les sens mais pas moyen de dormir convenablement. 

Il est 4h40, je plie mon sac de couchage, je fais mon sac et je file prendre une thé bien chaud. Les gars népalais à la cuisine sont prêt à servir le petit dej dès 3h30 pour ceux qui veulent partir de très bonne heure ! 

Nous on est les derniers à quitter le refuge de Phedi à 4450m avec Leonard l’australien, Chris, Kamil et Anna les polonais. 


Je suis bien emmitouflée, bonnet, gants, tour de cou.. et je mets mes capuches par dessus tout ! Il fait environ -2 degrés quand on démarre dans la nuit à 5h30. 

Chacun allume sa lampe frontale, et c’est parti pour une longue et rude journée à la conquête du Thorong La Pass. 


Kamil le polonais est malade, pas forcément de l’altitude mais d’un bon coup de froid et de fatigue. Il souhaite tenter le coup quand même. Anna sa copine l’accompagne mais leur allure est très lente du aux arrêts tous les 10m de Kamil. On les attends régulièrement, mais ce n’est pas une bonne chose pour nous. On gèle sur place à les attendre. Et on est en forme il faut en profiter pour avancer. On risque d’avoir les symptômes du mal de l’altitude à trop les attendre. Alors on file avec Leonard et Chris. Enfin on file.. on avance pas a pas en essayant d’éviter l’essoufflement. Je trouve mon allure, environ 20cm entre chaque pied seulement.. 


Au bout de 30min la lumière du jour est suffisante pour éteindre nos lampes. 

Et après une heure nous arrivons tous les trois au High camp. Le dernier refuge avant le col. Nous ne souhaitions pas dormir ici hier soir car l’altitude est de 4850m. Trop élevé et trop froid pour nous.

On fait une petite pause pour enfiler nos crampons indispensables à présent avec les plusieurs dizaines de centimètres de neiges. Chris achète des vieux crampons 4000 rupees ici.. soit plus du double de nous à Manang. Mais c’est le prix à payer pour éviter la grosse galère dans la montée. 

Le couple de polonais arrive et ils filent à l’abris sans un mot, cette première partie a été très dur mentalement et on espère qu’ils pourront repartir. 


Nous on repart juste devant un monsieur d’une bonne cinquantaine d’année avec une allure très lente mais régulière. Son guide et son porteur nous suivent et nous conseille « slowly slowly ». C’est le secret de la réussite.. doucement voir très lentement ça ira. Trop vite et la montagne vous rattrapera avec le mal de l’altitude. 


On garde alors notre petite allure, et on avance dans ce paradis blanc. Le décor est fabuleux, si immense ! Les montagnes qui pointent entre 5000 et plus de 8000 pour l’Annapurna I nous entourent et nous impressionne. Même lorsqu’on atteint les 5000m nous sommes au milieu de sommet à plus de 2000m de nous... c’est d’une immensité incroyable !

Chris a du mal à suivre l’allure. Il a besoin de plus de pause pour reprendre son souffle et il commence à fatigué avec son sac bien trop chargé. 

On décide de garder chacun son allure en espérant se voir la haut ou se retrouver dans la descente. 


J’aperçois le groupe de suédois au loin, on revient petit à petit sur eux. Il faut faire attention de ne pas vouloir les rattraper au risque de vite s’essouffler.. 


Mes doigts de pieds commencent à être froid gelé, même chose pour mes mains, je les fais bouger pour apporter du sang et éviter d’avoir trop froid. Mais le pire c’est mon nez. Lui est directement exposé au froid. On a de la chance il fait très beau, un grand soleil et très peu de vent. Mais si je couvre mon nez avec mon cache cou, je couvre aussi ma bouche. Et après quelques respirations bouche couverte j’ai l’impression d’étouffer, je manque d’air et je ne suis pas à l’aise. Alors je le protège seulement du soleil avec un peu de crème et on continue à grimper. 


Léonard me demande si je pense que c’est le col là bas au loin. Et je réponds qu’en montagne tu pense toujours voir le sommet, ton objectif, alors qu’une fois arrivé tu t’aperçoit que ça grimpe encore et que ton réel objectif est bien caché, encore plus haut. 


On s’hydrate de temps en temps. Mais l’eau de ma bouteille est en train de geler. Des petits glaçons se forment et c’est difficile de boire de l’eau aussi froide. J’ai même du mal à ouvrir ma bouteille parfois.. 


On aperçoit à présent les suédois arrêter, avec une petite maison à côté, entourer de drapeaux de prières. Ils semblent poser pour la photo.. mais oui ils y sont ! Le col est là, à quelques mètres maintenant. 

Les derniers pas sont faciles, la satisfaction d’arriver prend le dessus sur le froid ou les douleurs. 

Nous voilà au sommet de ce trek. 


Le Thorong La Pass 5416m d’altitude. 


On se congratule, on se prend dans les bras, on se félicite et on prend le temps de savourer. Il n’y a plus de doute, on y est en haut de ce monstre. 


On prend pleins de photos, on se dit qu’il serait bête de redescendre et de se dire mince j’aurais du prendre tel photo pour le souvenir. Entre temps Chris arrive lui aussi ! Un peu exténué mais tellement heureux de l’avoir fait. 


On se lance dans la descente prudemment, avec nos crampons. Mais la neige s’accumule et forme de la glace sous nos pieds. La première chute sur les fesses est inévitable pour moi. Je dégèle mes crampons et ça repart. Je vais plus vite que mes compagnons de route, je ne veux pas rester en altitude trop longtemps. A cette allure je chute une seconde fois dans la neige. Et je me rappelle une citation « On à gravi un sommet qu’une fois que l’on est redescendu ». 

Je réduis alors le rythme, il serait dommage de se blesser maintenant. 

J’arrive seul au premier resto, et un mal de tête puissant m’attaque. Je prends un bon thé chaud en attendant le reste de la troupe. Je ne comprends pas, on dit pourtant de redescendre si ça ne va pas, et moi j’ai mal à la tête quand je suis en bas à 4000m. 

Le groupe arrive et on commande à manger. En attendant je sors l’arme secrète, la gousse d’ail pour ses bienfaits contre le mal de l’altitude ! J’en croque et avale deux morceaux ça arrache et me donne des larmes mais je préfère ça au mal de crâne.  

Jonnathan le suédois m’offre un cachet contre le mal de l’altitude et je bois une soupe à l’ail. Je ne suis pas persuadé que ce soit l’altitude mais peut-être la déshydratation. 

Quoi qu’il en soit après une petite heure je vais bien mieux, je suis prêt à continuer la descente vers Muktinath. 


Et juste avant de repartir, qui voilà ! Kamil et Anna, le couple de polonais. Waouh ! Ils l’ont fait. Quel courage ! C’était pas gagné ce matin, mais Kamil n’a rien lâché. Au high camp on leur a entouré les pieds de couverture de survie car ils avaient trop froid. On est donc au complet tout le monde a passer cette épreuve. La plus difficile du circuit. On continue à descendre et on s’arrête tous ensemble au Bob Marley Hôtel de Muktinath à 3800m. 

Une bonne douche chaude, un bon repas et un bon verre d’Apple brandy. L’alcool local à base de pomme avant une longue nuit pour combler le manque de sommeil !

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2 Voyages | 113 Étapes
Muktinath, Népal
222e jour (02/03/2020)
Étape du voyage
Début du voyage : 25/07/2019
Liste des étapes

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