Trois-Rivières, Québec

Publiée le 09/02/2017
Après dix jours passés à Montréal, l'heure est venue de partir à la découverte du Québec. Et cela commence par Trois-Rivières, ville située à 140 km de Montréal.

S’héberger en couchsurfing

Après avoir été hébergé par des amis, des amis d'amis et de fraîches connaissances (que je remercie chaleureusement au passage !) durant mes premiers jours à Montréal et avoir passé quelques jours dans un logement loué via le site Airbnb, j’ai voulu expérimenter une autre forme d’hébergement : le couchsurfing.

Le couchsurfing

CouchSurfing est le nom d’une société qui propose la mise en relation de personnes visant à assurer un service d’hébergement gratuit et à durée limitée, à travers le monde. Celui-ci peut être compris par « passer de canapé en canapé ». Dans les faits, certaines personnes proposent, dans leur logement (individuel ou colocation), une ou plusieurs places pour coucher, sur un canapé, un matelas voire une chambre individuelle. Celles-ci peuvent alors être réservées par des voyageurs (voire des professionnels) de passage. L’objectif commun étant de rencontrer et de partager avec des personnes venant de tous horizons, du monde entier et ayant des centres d’intérêt communs ou très différents.

Vous l’aurez compris, le but de cette démarche n’est pas la recherche du confort et de l’intimité, mais l’envie ne puiser le moins possible dans mon budget (déjà bien grevé par l’omniprésence de micro-brasseries à Montréal… !) et surtout de multiplier les rencontres et les opportunités.

Ainsi, à Montréal, j’ai eu ma première expérience de couchsurfing, chez un algéro-canadien, récemment rentré d’un tour de monde d’un an et quatre mois. Partager les expériences de ce voyageur, ayant parcouru plus de quatre-vingt pays dans le monde, fût très enrichissant ! Cela m’a donc motivé à poursuivre sur ce mode d’hébergement.

Se déplacer en auto-stop

J’ai également décidé d’essayer de voyager en auto-stop (ou « pouce », en bon québécois). En France, j’ai rarement eu l’occasion d’en faire et ne savais absolument pas comment cela serait perçu au Canada, surtout en hiver. Mais j’ai pensé, qu’en plus de me faire faire des économies non négligeables, cela serait également un bon biais pour forcer de nouvelles rencontres et discuter avec de nouvelles personnes ; et, pourquoi pas, accéder à de nouvelles opportunités !

Trois-Rivières

Avant de partir au Canada, j’étais tombé sur un article évoquant la présence d’un parcours de patins à glace dans une forêt de pins : le domaine de la forêt perdue. Celui-ci est situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Trois-Rivières, ville située à mi-chemin entre Montréal et Québec. J'ai donc décidé de faire halte dans cette ville de 135'000 habitants avant de me rendre à Québec. Et, comme expliqué précédemment, ce sera en pouce !

Moi je vais vers l'est. Et vous ?!

Bon, autant vous le dire tout de suite, c'est première expérience d'auto-stop au Québec a été quelque peu compliquée ! Peut-être par manque de chance, surement par manque d'expérience. Après avoir pris un bus pour sortir de Montréal, marché une vingtaine de minutes pour atteindre une entrée d'autoroute, j'ai attendu au moins 1h15 avant de me faire embarquer… et déposé quelques kilomètres plus loin, dans un endroit encore plus pommé ! :( Après une nouvelle heure d'attente, j'ai décidé de sortir les petits moyens : Petit-Pas ! Sans succès : trop petit, invisible des automobilistes, il ne m'a pas été d'une grande aide dans l'optique de les amadouer. J'en suis donc venu aux grands moyens : mon Gwenn Ha Du (drapeau breton).

Le Gwenn Ha Du

Il ne vous aura pas échappé que tout breton se DOIT de sortir accompagné de son drapeau, ceci pouvant s'avérer utile, pour ne pas dire vital, en bien des circonstances. Et les présentes circonstances ont exigées sont utilisation. 

Drapeau bien évidence !

Après moins de cinq nouvelles minutes d'attente, une voiture s'arrête, et m'embarque pour me permettre de reprendre le chemin de Trois-Rivières. Coïncidence ? Je ne pense pas !

Une centaine de kilomètres et deux nouveaux arrêts plus tard, je finirai par être embarqué par… une strip-teaseuse se rendant à son travail ! Sur une brillante idée de sa part, celle-ci m'a déposé à un embranchement d’autoroute, sans réel échappatoire pour en sortir. J'ai bien essayé de traverser un fossé pour accéder à une petite route parallèle, mais après m'être enfoncé dans près d'un mètre de neige et avoir lutté pour remonter sur la route principale, j'ai rapidement abandonné l'idée. Ne me restait alors plus qu'une option : courir le long de l'autoroute en espérant pouvoir en sortir le plus rapidement possible. Cela a plutôt bien fonctionné, jusqu'à ce qu'une voiture de police passe par là et… m'embarque ! En d'autres circonstances, cela aurait été mauvais présage, mais pour le coup, j'étais plus soulagé qu'autre chose. Qui plus est, le policier, très calme et très compréhensif, a eu la gentillesse de me déposer à 100 mètres du couchsurfing qui m'attendait. Bienvenue au Canada ! :) (J'espère que vous serez compréhensif sur l'absence de photo pour illustrer ce dernier passage… !) Il m'aura donc fallu plus de six heures et une petite frayeur pour parcourir 140 km, mais l'expérience en valait la peine.

Arrivé en fin de journée à Trois-Rivières, je n'ai eu que peu de temps pour visiter la ville. Celle-ci s'est néanmoins révélée assez petite, donc rapide à parcourir. Il faut savoir que Trois-Rivières est une ville ancienne, puisqu'elle a été fondée en 1634, ce qui en fait la deuxième plus ancienne ville de la province du Québec. De plus, au début du XXe siècle, elle fût la capitale mondiale du papier, notamment de par la présence de très nombreuses scieries et grâce à sa localisation, au confluent des fleuves Saint-Laurent et Saint-Maurice, favorisant le transport des billots de bois.

Origine du nom

L'origine du nom de Trois-Rivières est due à une illusion d'optique. Ce nom fait en effet référence aux 3 chenaux que la rivière Saint-Maurice forme à son embouchure avec le Saint-Laurent en s'écoulant entre deux îles, l'île de la Potherie et l'île Saint-Quentin. [...] Sieur De Pont Gravé, alors qu'il navigue sur le fleuve en direction de Montréal, aperçoit à peu d'intervalles un premier affluent du fleuve, une langue de terre, un deuxième affluent, une autre langue de terre, et finalement un troisième affluent qu'il prend encore pour une rivière différente. Il ne sait pas alors que deux grosses îles divisent le cours de la rivière Saint-Maurice en trois branches à l'endroit où celle-ci se jette dans le fleuve.

(Source : Wikipédia)

Du peu qu'il m'a été permis de voir (de nuit), Trois-Rivières est une charmante petite ville résidentielle, dont le centre-ville possède quelques lieux historiques. Celle-ci m'a néanmoins semblé bien calme au regard de l'activité connue les jours passés à Montréal. Je pense qu'il y a bien des choses à découvrir de cette ville, qui constitue une bonne halte sur la route de Québec.

Vue depuis le parc Louis-Hector-Langevin, sur le port
« Fondue chinoise à volonté », ben voyons !

Le domaine de la forêt perdue

Le lendemain matin, je pars de bonne heure et de bonne humeur pour le domaine de la forêt perdue. Celui-ci ouvre normalement à 10h ; je n'ai que 20 km à parcourir, mais l'expérience de la veille m'a fait comprendre que faire du pouce peut être long, très long. Résultat : une voiture me prend très rapidement, et j'arrive sur place à 8h45… J'ai un temps pensé devoir donc attendre pendant plus d'une heure, dehors, par une température ressentie avoisinant les -15°C, jusqu'à ce qu'une gentille dame m'ouvre les portes du domaine, bien en avance.

J'avais vu quelques photos des pistes, me laissant espérer le meilleur, mais ne savait pas vraiment à quoi m'attendre. Qui plus est, je n'avais pas dû faire de patin à glace depuis environ… quinze ans ! Ça promet !

Les patins chaussés, je me retrouve face à un labyrinthe verglacé, avec deux corps étrangers à appréhender sous les pieds. L'avantage, c'est que je suis seul de chez seul et qu'il n'y aura personne pour se moquer de mes exploits (si ce ne sont quelques chèvres et quelques lamas, plus intéressés par la nourriture fraîchement servie).

Malgré mes difficultés à patiner, je me rends très rapidement compte de la chance que j'ai de glisser, seul, au milieu de la forêt. J'oublie donc que je viens de déchirer mon jeans lors d'un grand écart mal maîtrisé (oups) et apprécie chaque instant de silence, chaque vision.

Si vous avez l'occasion de passer dans le coin un jour, je vous recommande vivement ce domaine !

Lamas et chèvres le long du parcours
Un vrai labyrinthe je vous dis !
Petite pause bien méritée.
Parfait pour tester ma pointe de vitesse !

Direction Québec

Après avoir passé un peu moins d'une heure sur les pistes (c'est assez peu au final, mais non moins épuisant ; et j'avoue avoir craint finir par me casser quelques chose...), je décide de prendre la route de Québec, sans retourner visiter Trois-Rivières, ne sachant combien de temps je mettrai à parcourir les 130 km me séparant de la capitale québécoise. Ce passage fût donc court mais non moins intéressant.

Le stop pour Québec fût bien plus simple que celui m'ayant mené à Trois-Rivières : j'ai dû mettre environ deux heures à rallier Québec, en étant déposé une nouvelle fois devant mon nouveau couchsurfing, par un bon gros camion américain. La classe à Dallas ! (désolé pour l'expression ringarde :)

À savoir

Dans la province du Québec, comme dans la majorité du Canada, la vitesse sur les autoroutes est limitée à 100 km/h. Néanmoins, celles-ci sont, dans leur grande majorité, gratuites.

Belle vue depuis la cabine
Il n'est pas beau mon camion ?!

« Celui qui voyage sans rencontrer l'autre ne voyage pas, il se déplace. »

Alexandra David-Neel

2 commentaires

Pagbo

Bien kiffé cet article encore. Tes péripéties donnent envie !

  • il y a 2 ans
Fabien

GxiGloN

Merci :)

  • il y a 2 ans
1 Voyage | 102 Étapes
Trois-Rivières, QC, Canada
14e jour (31/01/2017)
Étape du voyage
Début du voyage : 18/01/2017
Liste des étapes

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