Viñales, Cuba

Publiée le 26/05/2017
À l'instar de Trinidad, le nom de Viñales revenait systématiquement lorsque je demandais conseil sur Cuba. Situé de l'autre côté de l'île, par rapport à La Havane, j'avais prévu de m'y rendre en fin de séjour.

En route vers La Havane

Après avoir retrouvé toutes mes forces et pris un car retour, me voici de nouveau à Santa Clara. Je savais que j'arriverai trop tard pour prendre le dernier bus pour La Havane, mais je savais aussi que j'allais retrouver nombre de rabatteurs pour me proposer un taxi collectif. En moins de cinq minutes, nous nous retrouvons à quarte à attendre le taxi promis, taxi qui arrivera… une heure plus tard. Même si c'était un peu agaçant de perdre de nouveau du temps, il était assez amusant de voir quatre-cinq cubains s'activer pour trouver un véhicule, inquiets de nous voir partir et donc de voir la commission leur échapper.

Notre taxi collectif : une magnifique Peugeot 405 break
Pause-café au Km 141

Arrivé après 22h30 à La Havane et bien qu'aidé par un cubain, je n'ai pas réussi à trouver de casa pour la nuit. Je l'ai donc passée sur un banc, dans la gare routière réservée aux cubains, devant laquelle j'avais été déposé. Pas l'idéal pour se reposer, mais c'était une bonne expérience. Les jours se suivent, mais ne se ressemblent absolument pas. Et ça, c'est cool !

Après une courte nuit, je décide de tenter l'expérience des taxis collectifs empruntés par les cubains (que l'on pourrait requalifier de « bétaillères ») pour me rendre à Viñales. Ceux-ci partent de la gare où j'ai dormi ; c'est notamment pour cette raison que j'ai choisi cet endroit pour passer la nuit. D'après mes informations, le premier départ se fait habituellement aux alentours de 7h00. Je me positionne donc dans une file d'attente déjà conséquente dès 6h15. Si j'opte pour cette solution c'est tout d'abord pour des raisons budgétaires : le tarif est de 5 CUC contre 12 pour un trajet en car et probablement plus pour un trajet en taxi collectif « pour touristes ». Mais c'est aussi parce que le premier car ne part pas avant 11h00. 

Après avoir patienté plus de trois heures, en plein soleil, m'être fait voler ma place dans la file d'attente à plusieurs reprises, dans une anarchie la plus totale, je décide d'abandonner la partie face au peu de taxis disponibles ce jours-là (ceux-ci arrivant au compte-goutte) et au manque de discipline des cubains. Bien qu'ayant encore le temps d'attraper le premier car, je préfère finalement prendre quelques heures pour continuer de visiter La Havane et espérer trouver une place dans le dernier autobus de la journée prenant la direction de Viñales. Tout ça, pour ça !

Viñales

Après avoir « perdu » près de deux jours, je me retrouve enfin en direction de Viñales ! Et, pour une fois, je savais où j'allais ! Le trajet depuis La Havane dure près de quatre heures mais offre de magnifiques paysages. Les derniers kilomètres me laissent entrapercevoir ce qui fait la renommée de cette vallée agricole : des petites montagnes, des palmiers, des petites maisons de bois, appelées bohíos, etc.

Petite ferme sur la route de Viñales
Agriculteur au travail sur la route de Viñales
Ici aussi, des paysages ravagés par les flammes
La Vallée de Viñales

En entrant dans la ville, le nombre de casas disponibles m'interpelle. Dans plusieurs rues, toutes les habitations où presque proposent le gîte aux touristes ! En descendant du car, je sais alors que je n'aurai aucun mal à trouver un hébergement. C'est surement pour cette raison que deux ou trois dames nous abordent immédiatement pour nous suggérer leur logement. Comme d'habitude, je décline toute proposition, préférant prendre le temps de chercher par moi-même. Mais je n'ai à peine fais quelques pas que l'une d'elle revient à la charge. Après un petit numéro de charme, j'accepte de la suivre jusqu'à son domicile, légèrement à l'écart de la ville (j'ai eu un peu pitié en fait !). Cela fût une excellente idée car, en plus d'être au calme, j'ai pu profiter d'une terrasse aménagée sur un toit pour dîner, tout en admirant le coucher de soleil sur les montagnes. Encore un moment magique ! Par conséquent, si vous vous rendez à Viñales, je vous recommande chaudement de prendre une casa un peu à l'écart de l'agitation de la cité, disposant d'une magnifique vue !

La situation de la casa
Repas avec vue sur les montagnes, depuis le toit de la casa

La ville de Viñales en elle-même est assez petite : environ 30'000 habitants. Excepté la place José Marti (encore une !) et son église du Sacré Cœur, je ne lui ai rien trouvé de vraiment intéressant. Qui plus est, étant un incontournable de Cuba, les touristes y affluent, faisant grimper les prix.

Le parc José Marti et son église Del Sagrado Corazon
Il faisait chaud ce jour-là, très chaud !

Le véritable intérêt de Viñales, c'est sa vallée. Celle-ci est réputée pour ses terres offrant l'un des meilleurs tabacs au monde (si ce n'est LE meilleur). Visiter les plantations est donc un incontournable, qui se fait le plus souvent à pied, mais également à dos de cheval, lors d'excursions organisées. Sachant monter, j'avais vraiment envie de me faire plaisir avec l'une de ces balades, mais redoutait de me retrouver dans un groupe de touristes, à devoir marcher au pas toute une journée. Je ne voulais également pas me voir confier un cheval amaigri, comme c'est apparemment souvent le cas à Cuba. Aidé par mon hôte, j'ai finalement décidé de payer un peu plus cher pour pouvoir me retrouver seul avec un guide, avec l'assurance d'avoir une bonne monture. Cela m'a coûté 30 CUC pour 3h45 de balade (8 CUC de l'heure contre 5 normalement). À ce prix-là, ça valait largement le coup !

En Avant Guingamp pour une bonne balade !

J'espérai avoir le droit à un parcours rallongé, un peu plus difficile, ce qui ne fût malheureusement pas le cas : nous avons emprunté le tour « classique », mon guide me laissant juste aller au train qui me convenait (autrement dit, full gaz, galop dès que possible !). Malgré tout, cette balade, accompagné de nombreuses explications, fût magnifique. Au vu des paysages, il était difficile d'en être autrement.

Joli terrain de jeu !

Au programme de la balade, tout d'abord, l'étrange « Mur de la Préhistoire ». Mais qu'est-ce que ça fait là !?

À 4 km de Viñales, sur un côté du Mogote Dos Hermanas, est peint le « Mur de la Préhistoire ». Cette fresque, de 180 m de long par 120 m de large, a été commandée par Fidel Castro en 1961. Plusieurs peintres se relayèrent pour arriver au bout de cette immense peinture qui représente la théorie de l'évolution.

Source : Wikipédia

Le Mur de la Préhistoire

Après avoir déambulé entre les plantations de canne à sucre et de bananes, vient ensuite la visite d'une casas de tabac, sorte de grande cabane où sèchent les feuilles de tabac, avec les explications, en espagnol, d'un paysan. Très intéressant et instructif. Qui plus est, moi qui déteste le tabac, l'odeur y est forte agréable.

Sur la droite, la casas de tabac
Le tabac en cours de séchage

Dans un autre bâtiment, quelques mètres plus loin, le même paysan nous démontre comment rouler un cigare, comment faire en sorte qu'il soit plus ou moins fort, comment reconnaître la qualité, et, comment le fumer. Et, forcément, comment l'acheter ! J'en ai négocié 4 pour 10 CUC, ce qui est relativement bon marché.

Durant un séjour à Cuba, vous allez vous voir proposer des cigares en permanence. Sauf si vous êtes connaisseur, partez du principe que tout ce que l'on vous propose est très bas de gamme et que vous allez vous faire rouler ! Je vous conseille vivement d'acheter vos cigares dans la Vallée de Viñales où vous pourrez presque demander à ce qu'ils soient roulés sous vos yeux !

Cigares conditionnés

Nous avons ensuite pris la direction de l'une des nombreuses grottes que comporte la vallée. Au fond de celle-ci se trouve une sorte de piscine naturelle, où il est possible de piquer une tête. L'entrée est payante : 5 CUC, non compris dans le tarif du guide. J'aurais bien aimé en être informé avant la balade… Cela dit, c'était un très bel endroit, qui valait le détour !

L'entrée de la grotte dans la Vallée de Viñales
Les montures attendant leur cavalier

La ballade se poursuit et s'achève par une succession de paysages plus sublimes les uns que les autres. J'en ai franchement pris plein la vue !

Vue panoramique sur la Vallée de Viñales
Un paysan et ses bœufs
À cheval dans la Vallée de Viñales
Un peu d'amour dans ce monde de brutes !

Au final, 3h45 de balade dans un décor somptueux. J'étais prêt à payer d'avantage pour en voir plus, mais mon guide avait malheureusement d'autres impératifs l'après-midi. Si vous êtes à l'aise avec les chevaux, je vous recommande chaudement ce type de balades. Je pense qu'elles vous permettront d'en voir bien plus sur la vallée qu'une randonnée pédestre.

Pinar del Río

L'après-midi, je décide de partir à vélo pour Pinar del Río, capitale de la province éponyme qui accueille également Viñales. Situé à 30 kilomètres au sud de cette dernière, elle regroupe environ 150'000 habitants. J'y étais passé en car la veille, en provenance de La Havane, ce qui m'avait donné l'envie de visiter la ville. Une nouvelle fois, j'ai pu compter sur mon hôte pour me dégoter un vélo. J'ai payé 8 CUC pour une après-midi entière (ce qui était probablement un peu trop cher).

Au final, cette balade n'était pas une réelle bonne idée. Déjà parce que, j'ai beau savoir pédaler, après trois mois de voyage, sans sport, sans alimentation correcte, je ne fais plus 70 kilomètres de routes vallonnées aussi facilement. Qui plus est sous 35°C. Encore moins avec un VTT. Ensuite parce que Pinar del Río est une ville assez insignifiante d'un point de vue touristique. Excepté quelques bâtiments au style colonial, je n'y ai rien croisé de réellement intéressant.

Le vélo que j'ai loué
Un joli bâtiment à Pinar del Río
Les « bétaillères » à la gare routière de Pinar del Río
Moment de vie à Pinar del Río

Finalement, seuls les trois-quatre premiers kilomètres de la route qui mène à Pinar del Río depuis Viñales sont réellement intéressants. La route s'élevant quelque peu, on accède à de sublimes points de vue sur la vallée.

La Vallée de Viñales
Cultures dans la Vallée de Viñales
Vue panoramique de la Vallée de Viñales
Ceci est un nuage !

Lors d'un voyage à Cuba, un passage par la Vallée de Viñales s'impose donc, tant ses paysages sont exceptionnels. Après avoir discuté avec de nombreux voyageurs, j'ai compris que la grande majorité décide de débuter son voyage par ce côté de l'île (ce côté de La Havane, devrais-je dire). C'est ici que j'ai terminé le mien, sans que cela soit réellement délibéré. Néanmoins, j'ai finalement trouvé cette idée judicieuse, car cela permet de conclure sur une bonne note assurée !

« Le voyage est une espèce de porte par où l'on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve. »

– Guy de Maupassant

2 commentaires

Félix

FelixEtVivi

Et alors le cigare était bon ?

  • il y a 1 an
Fabien

GxiGloN

Je n'ai pas goûté ^^

  • il y a 1 an
1 Voyage | 102 Étapes
Viñales, Province de Pinar del Río, Cuba
87e jour (14/04/2017)
Étape du voyage
Début du voyage : 18/01/2017
Liste des étapes

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