La genèse, les préparatifs, le départ

Publiée le 18/01/2017
Après avoir mûri un projet, l’avoir préparé, avoir fait moult « au revoir », vint enfin le temps du grand départ, du saut vers l’inconnu.

Voilà déjà plusieurs années que l’envie de tout plaquer pour aller élever des chèvres naines dans le Larzac parcourait mes pensées. Ou des ornithorynques manchots en Roumanie. Ou des fourmis albinos au fin fond de l’Illinois. Bref, quelle que soit la destination et le but, quitter famille, amis, travail et surtout confort occidental pour l’inconnu est une décision toute sauf anodine. Mais l’envie de se confronter, de découvrir une nouvelle culture, une autre manière de penser est plus forte.

Première étape : tout quitter pour reconstruire dans une nouvelle ville, en France, un peu plus loin. Non pas pour trouver mieux, pour combler un manque, mais pour se prouver que l’on est capable de faire face à l’inconnu, d’initier de nouvelles rencontres, de trouver un nouvel emploi (sur ce point, il faut bien l’avouer, j’ai l’énorme avantage d’évoluer dans un secteur en pleine effervescence), etc. Un peu plus de deux ans après avoir quitté Rennes pour Toulouse, force fût de constater qu’il n’avait pas été si difficile de se construire une nouvelle vie, de l’apprécier, tout en conservant souvenirs et contacts avec le passé.

Deuxième étape : voir plus loin, plus grand. Mes désirs initiaux ont toujours été animés par l’envie de renouer avec les travaux agricoles, ou, d’une manière plus générale, des travaux manuels. Mon métier dans l’informatique me passionne toujours autant, mais passer mes journées, enfermé, à communiquer avec un écran par l’intermédiaire de quelques touches de clavier commence à faire naître le manque de quelque chose de plus concret, de plus palpable. Mon rêve aurait été d’aller assouvir ces désirs aux États-Unis, pays fascinant s’il en est, de par sa grandeur, sa diversité, sa démesure. Malheureusement, y entrer pour y travailler légalement, tout en restant libre de voyager à ma convenance, est mission quasi impossible. Vint alors le choix d’un PVT.

Le PVT

Le terme Programme Vacances Travail (PVT), également appelé Permis Vacances-Travail, recouvre un ensemble de visas temporaires permettant à leurs détenteurs de voyager dans des pays étrangers tout en y travaillant.

Le PVT est une occasion pour les jeunes de se faire une première expérience à l'étranger, d'autant qu'il est relativement simple à obtenir. Les conditions d'obtention sont quasiment les mêmes d'un pays à un autre, même si, par exemple, le PVT canadien est soumis à des quotas alors que le PVT australien ne l'est pas. Le PVT est avant tout une façon simple de découvrir un autre pays, une nouvelle culture dans une optique de "vacances", tout en pouvant les financer grâce à des boulots. Certains partent en PVT pour travailler dans leur domaine et augmenter leur expérience professionnelle, d'autres partent à l'aventure et se contentent de différents petits boulots.

Source : Wikipédia

Troisième étape : le choix de la destination et l’obtention du visa. Le plus facile aurait probablement été de m’orienter vers l’Australie, destination parmi les plus prisées par les jeunes français. Un peu trop à mon goût. Effectuer mon PVT en Nouvelle-Zélande, également très plébiscitée, aurait pareillement pu être une destination rêvée. Mais ce sera finalement le Canada. Bien que n’ayant initialement aucune affinité ou attirance particulière pour ce pays, je m’inscris, sans trop y croire, à la loterie devant me permettre l’obtention du fameux sésame. Alors que certaines personnes attendent parfois plusieurs années pour obtenir l’un des 6'500 visas décernés chaque années pour la France, dès la première vague de tirages au sort, mon ami Guillaume, alias Guitou, est tiré au sort ! Chanceux (ou cocu, au choix) ! Trois semaines plus tard, me voilà également détenteur d’un visa. Chanceux (ou cocu, au choix) ! Bon, bah, y’a plus qu’à !

Drapeau du Canada

Quatrième étape : le choix de la date. Ce sera début 2017. Cette date, ô combien judicieuse et fruit d’une intense réflexion, doit me laisser quelques mois pour mettre suffisamment d’argent de côté et surtout, de passer de bons moments en famille et entre amis avant le Grand Départ. L’inconvénient, et non des moindres, étant l’arrivée en plein hiver, saison où il peut faire jusque -38°C !

Cinquième étape : les préparatifs. Tout d’abord, l’annoncer à ma famille (« Papa, maman, je me casse chasser du caribou ! »), à mes amis (« D’ici quelques mois, mon mauvais caractère ne sera plus qu’un lointain souvenir pour vous ! »), mon employeur, mon poisson rouge (quoi qu’en fait il me semble qu’il a trépassé sans même me laisser le temps de l’annonce…), etc. Vient ensuite l’achat des billets (train et avion ; Manu n’a pas encore ouvert de ligne de bus nous reliant à nos cousins canadiens) et par conséquent, de la ville d’arrivée : ce sera Montréal. Plus accessible, moins cher, francophone, etc. Sur ce point, je fais dans la facilité ! S’en suit de la lecture, pour savoir où je vais débarquer, de la lecture afin de savoir quoi prendre avec soit, de la lecture pour savoir quoi laisser après soit, bref, de la lecture, de la lecture, de la lecture… Autre étape importante : l’administratif. S’il y a bien une chose qui ne va pas me manquer, c’est notre système administratif, dont la réputation n’est plus à faire ! Impôts, sécurité sociale, mutuelle, opérateur téléphonique, fournisseur d’accès à internet, assurance(s), banque(s)., procurations de vote, procuration sur le courrier, procuration sur les comptes, etc. etc. La totale, que du bonheur !

Afin de pouvoir conserver mon numéro de téléphone français à mon retour, j’ai décidé de souscrire au forfait mobile à 2 € par mois de Free, soit 24 € par an pour éviter d’avoir à donner un nouveau numéro aux proches et aux administrations le moment venu.

Sixième étape : profiter des derniers instants en famille et essayer de voir un maximum d’amis avant de partir. Aucune date de retour n’étant réellement convenue (bien que mon visa ait une durée de validité de deux ans), il est important de profiter de chaque moment que l’on ne pourra revivre avant plusieurs mois, de se créer un maximum de bons souvenirs. 

Septième étape : les derniers préparatifs, les derniers achats (« Oui maman, je vais prendre de chaudes chaussures, pour ne pas avoir froid à mes petits pieds par -25°C ! »), les dernières démarches, le sac. Personnellement, j’ai choisi d’essayer de voyager assez léger. Aspirant à découvrir un maximum de choses, de régions, de gens ; je prévois de me déplacer assez régulièrement. A titre indicatif, voici ce que j’emporte :

Un sac à  dos de Deuteur Futura Vario (50 + 10 L) contenant :

  • 1 veste de ski Décathlon,
  • 2 polaires Décathlon,
  • 2 pantalons (un jeans et un chino),
  • 3 sous-pulls Damart (c’est pas très glamour, mais c’est chaud !),
  • 2 t-shirts,
  • 1 chemise,
  • 1 calçon long Damart,
  • 7 boxers,
  • 7 paires de chaussettes, plus ou moins chaudes,
  • 1 bonnet, tricoté avec amour par ma Tata,
  • 1 écharpe,
  • 1 tour de cou Décathlon,
  • 1 paire de gants,
  • 1 paire de chaussures Ellesse adaptées à la neige (chaude avec crampons),
  • 1 paire de chaussures plus légères,
  • 1 paire de tongs,
  • 1 short de bain.
  • 1 sac de couchage compact Décathlon,
  • 1 serviette micro-fibres Décathlon,
  • 1 trousse de toilette,
  • quelques médicaments de base.

Un sac à dos de Pacsafe Venturesafe (25 L), contenant :

  • 1 ordinateur portable, assez léger,
  • 1 disque dur externe,
  • l’ensemble de mes documents (passeport, visa, etc.),
  • 2 livres de poche,
  • 1 livre photos souvenir, concocté par mes amis avant mon départ (peu servir en cas de coup de blues inattendu !),
  • 1 carnet de note,
  • 1 crayon (c’est mieux, pour prendre des notes !),
  • 1 Opinel,
  • 1 petit décapsuleur (cela en a sorti plus d’un de situations délicates !),
  • 2 cadenas TSA,
  • 1 Gwenn Ha Du (toujours à portée de main, on a une réputation à tenir !),
  • et Petit-Pas, dont vous ferrez la connaissance plus tard !

Je n’ai également pas résisté à l’envie d’emporter deux bouteilles de vin (le vin français est, paraît-il, très cher au Canada) ainsi qu’une petite boite de pâté Hénaff, offerte par mon Tonton. Cela devrait ravir mon premier hôte, également breton, arrivé à Montréal il y a un mois et demi, en sevrage depuis.

Contenu envisagé de mon sac à dos

Si vous aussi envisagez un voyage, au Canada (ou ailleurs), n’hésitez pas à consulter le très bon guide de préparation au voyage concocté par Blog Trotting ! Celui-ci vous expliquera notamment comment choisir son sac de voyage, quelles affaires emporter avec soi, etc.

Les sacs finalisés, les derniers « au revoir » effectués, la dernière bolée de cid’ avalée, le dernier morceau de fromage apprécié, il est ENFIN temps de prendre la route du voyage et de l’inconnu !

4 commentaires

Félix

FelixEtVivi

Bon voyage mon petit ! Hâte de suivre tes aventures !

  • il y a 2 ans
François

RonronEtYoyo

On va suivre ça attentivement !

  • il y a 2 ans

Pagbo

Tu nous enverras une photo de ton cul dans ton "calçon long Damart" ?

  • il y a 2 ans
Fabien

GxiGloN

Ahah, je garderai ça de côté pour toi :)

  • il y a 2 ans
1 Voyage | 102 Étapes
J-1 (17/01/2017)
Étape du voyage
Début du voyage : 18/01/2017
Liste des étapes

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