La Havane, Cuba

Publiée le 23/04/2017
Quitte à regarder une carte, autant la regarder jusqu’au bout. Pour se souvenir que Cuba est également tout proche, par exemple ! Me voilà parti pour deux semaines au pays de Fidel.

Comme chacun le sait, Cuba est en train de se transformer peu à peu, depuis quelques années et suite à quelques événements marquants, tels que la mort de Fidel Castro et le réchauffement des relations avec les États-Unis. Que l’on partage ou non l’idéologie castriste, il est indéniable que Cuba fascine autant qu’il interroge.

Comme bon nombre de personnes avant moi, m’y rendre avant l’occidentalisation de sa culture liée à son ouverture m’est apparu « important », afin de constater par moi-même comment ce pays a pu survivre à la modernisation et aux assauts des puissances voisines.

Le visa

En tant que Français, un simple visa de touriste suffit pour se rendre à Cuba. Bien qu’il semble possible de l’acheter à l’avance, dans les ambassades cubaines (à vérifier) et sur internet, celui-ci est normalement fourni par la compagnie aérienne choisie.  D’une valeur de 25 dollars américains (sic), il est soit compris dans le prix du billet d’avion, soit achetable à l’aéroport, au moment de l’enregistrement des bagages.

Nassau – La Havane

Aujourd’hui, bon nombre de compagnies desservent Cuba, et principalement La Havane. Partant des Bahamas, mon choix était plus limité : je me suis orienté vers Cubana de Aviación, compagnie nationale cubaine.

À l’aéroport, première surprise : mon vol n’est jamais apparu dans la liste des vols au départ de Nassau. « Normal » apparemment… Deuxième surprise : le nom de la compagnie n’est jamais apparu au-dessus des guichets d’embarquement. Il m’a fallu demander à plusieurs reprises où me diriger pour me faire enregistrer. Déjà décalé une première fois quelques semaines auparavant, le vol est finalement parti avec près de deux heures de retard, sans la moindre information ni explication. Rien d’étonnant lorsque l’on prend l’avion pour Cuba, m’a-t-on dit.

Dans l’avion, fait amusant : en plus de la traditionnelle déclaration de douane, il m’a été distribué un journal cubain, Granma Internacional (daté de trois jours auparavant…). La seule fois où cela m’était arrivé, c’était pour me rendre en Corse ! CQFD.

Granma Internacional

La Havane

J’arrive à La Havane en soirée, sans avoir prévu quoi que ce soit, sans savoir où je vais dormir. Et, comme d’habitude, je n’ai absolument pas envie de payer un taxi pour me rendre au centre-ville, et encore moins seul. Moyennement chaud pour faire du stop, une fois n’est pas coutume, je résiste aux assauts répétés des chauffeurs de taxis, parfois à la limite du harcèlement, pour prendre le temps de trouver un voyageur solitaire avec qui partager un moyen de transport. Et, comme très souvent, la chance me sourit : je tombe sur une française expatriée à Cuba depuis quatre ans, de retour d’un weekend au Mexique, qu’une amie cubaine est venue récupérer à l’aéroport. Mais… je n’avais aucune adresse à leur indiquer, si ce n’est le centre-ville. Bien trop gentilles, elles se mettent en tête de me trouver une « casa » pour la nuit. On m’avait vanté l’hospitalité cubaine, j’ai mis peu de temps à en faire l’expérience ! Me voilà donc en route dans une rutilante Geely, voiture chinoise fraîchement importée, à la recherche d’un logement.

L’aéroport José Marti de La Havane

Les Casa Particular

Les Casa Particular sont des bed and breakfast (b&b) à la cubaine, très proche des chambres d’hôtes en France. Le plus souvent, il s’agit d’une chambre et d’une salle de bain privées, chez l’habitant. Il est possible d’y prendre le petit-déjeuner voire d’y déjeuner et d’y diner. Compter en moyenne 20 € pour une nuit, ce qui en fait le moyen le plus économique de se loger à Cuba.

On retrouve énormément de casas à Cuba, dans toutes les villes touristiques. Pour ouvrir une Casa, les cubains doivent obligatoirement disposer d’une autorisation du gouvernement. Il faut également savoir qu’il est strictement interdit pour un cubain d’héberger un étranger à titre gracieux. Pas de couchsurfing à Cuba donc !

La casa trouvée (merci les filles !) à l’entrée de La Habana Vieja (la vieille Havane), il se fait déjà tard. Je sors tout de même marcher un peu dans les rues, afin de m’imprégner de l’atmosphère. Il m’avait été rapporté à plusieurs reprises qu’on se sent très en sécurité à Cuba : mes premières impressions le confirme.

La Habana Vieja

De jour, le constat est sans appel : dans le cœur historique de La Havana, c’est le bordel ! Mais un bordel organisé. Dans véhicules de tous types circulent sans réel code de la route, se frayant un chemin à coups de klaxon, des bus bondés, des raccordements électriques anarchiques, des cubains pas très à cheval sur la propreté, jetant leurs déchets à même le sol, etc. Mais il est impressionnant de constater à quel point le quartier est vivant. Des gens partout, dans la rue, dans les maisons, souvent grandes ouvertes, des échoppes à chaque coin de rue, des commerçants ambulants qui interpellent, des enfants qui jouent au ballon dans les rues pendant que les adultes jouent aux dominos sur les trottoirs, etc. Marcher dans la Habana Vieja est un spectacle permanent !

La rue San Martin
L'entrée du quartier chinois
Une vieille Chevrolet dans une rue de La Havane
Grossistes en fruits et légumes revendant aux détaillants
L’un des nombreux petits marchés de La Havane
Une vieille américaine à proximité du Capitole

La Vieille Havane, c’est aussi un grand nombre de lieux historiques à parcourir et visiter. Nombreux sont les chauffeurs de taxis et de belles américaines, retapées ou non, à proposer un tour complet, durant une ou deux heures. Personnellement, j’ai opté pour la marche. Une bonne journée suffit à faire le tour du quartier.

La Capitole, vu depuis le Parc de la Fraternité
Le Grand Théâtre de La Havane
Vue panoramique de la place de la Cathédrale
Vue panoramique de la Plaza Vieja (Place Vieille)
Le Musée de la Révolution, vue depuis la place du 13 mars

Autre endroit incontournable dans la visite de la Havane : le Malecón (littéralement « la digue »). Ce boulevard longe la baie de la Havane sur 8 kilomètres. Le soir, très nombreux sont les cubains qui s’y retrouvent, pour discuter et boire une bière. Nous donnant une vision un peu plus dégagée de La Havane, j’ai parfois eu l’impression de contempler une ville ayant été assiégée, tant les bâtiments en ruine où à l’abandon et les gravats au bord des routes sont nombreux, spécialement dans le Vieux La Havane.

Le Malecón
Un trompettiste sur le Malecón

Si vous souhaitez prendre de la hauteur pour admirer la cité, voici trois endroits facilement accessibles :

  • La terrasse de la résidence Victor Hugo, accessible gratuitement.
  • Les trois niveaux du clocher de la Cathédrale de la Vierge Marie de l’Immaculée Conception, accessible contre 1 CUC.
  • Et surtout le bar-restaurant Paladar La Guarida et sa terrasse au 4e étage. Théoriquement, vous entrez dans le bâtiment pour y consommer, mais rien ne vous y oblige. A noter que ce restaurant est l’un des plus anciens de La Havane (et certainement l'un des plus chers !) et que l’accès aux étages se fait via un bel escalier en marbre. 

Vue panoramique depuis la terrasse de la résidence Victor Hugo
Vue panoramique depuis le clocher de la Cathédrale de la Vierge Marie
Vue depuis la terrasse du Paladar La Guarida

Enfin, de l’autre côté du Canal de Entrada (canal donnant accès à la baie de La Havane) se trouve El Castillo De Los Tres Reyes Del Morro (littéralement « Le Château Des Trois Rois de Morro »). Cette fortification offre un point de vue magnifique sur tout le vieux La Havane. L’intérieur est visitable, moyennant quelques CUC ; ne l'ayant pas fait, je ne saurais dire si cela en vaut le coup ou non. Pour y accéder le plus simple – et le plus économique (0,40 CUP, soit 1,5 centimes d'Euro !) – est de prendre un bus au niveau du monument Maximo Gomez. Il est impossible de s’y rendre à pied.

La Havane vue depuis El Castillo De Los Tres Reyes Del Morro

Quelques conseils en arrivant à Cuba

Dès la sortie de l’avion, vous allez être sollicité en permanence. Cela devient parfois un peu oppressant, mais, en règle générale, ce n’est jamais agressif. Vous entendrez des « taxi taxi » à chaque coin de rue, des gens vous proposeront régulièrement des casas, d’autres, sous prétexte de s’intéresser à vous et de vouloir vous aider, essayeront de vous guider jusqu’à une supposée coopérative de cigares (où ils prendront une commission si vous achetez), etc. Il faut simplement savoir dire (et répéter) « non », et tout se passe toujours très bien. 

En outre, Cuba possède deux monnaies officielles : le Peso cubain (CUB) et le Peso convertible (CUC). Sans rentrer dans l’origine des faits, la première est sensée être destinée aux cubains alors que la seconde est quant à elle destinée aux touristes (entre autres). En réalité, tout le monde utilise et accepte les deux monnaies, ce qui peut amener un certain nombre de confusions, lorsque l’on ne maitrise pas les prix et l’équivalence (1 CUC = 24 CUB). N’achetez par exemple pas une boule de pain 1 CUC alors que cela en vaut un 1 CUB (j’en ai acheté 3 pour… 3 CUC le deuxième jour, sans me poser la moindre question…). De la même manière, le signe « $ » signifie CUB. Je pense que, bien qu’informé, tout touriste qui se respecte se fait avoir plusieurs fois avant de comprendre la gymnastique. D'autant que les cubains savent en jouer. Enfin, aussi étonnant que celui puisse paraître, le CUC est désormais indexé sur l’USD : 1 CUC = 1 USD (soit 1 Euro).

La négociation ne fait pas vraiment partie de la culture cubaine. Néanmoins, avec l’arrivée massive de touristes depuis quelques années, cela tend à changer. Les cubains tentent régulièrement de gonfler les prix, notamment pour les taxis et les excursions. Il ne faut donc pas hésiter à discuter ; le premier prix annoncé n'est jamais le bon ! De la même manière, le prix courant d’une casa est de 20 ou 25 CUC la nuit, auquel peut s’ajouter un petit-déjeuner pour 3 à 5 CUC. Pour ma part, j’ai pris pour habitude de demander une nuit et un petit-déjeuner pour 20 CUC et cela a rarement posé problème, à La Havane comme ailleurs.

Petit-Pas reprend la route !

Après deux jours passés à La Havane, et bien que n’en ayant pas encore fait le tour, je décide de partir à la découverte du pays : direction Cienfuegos. Je pense trouver le temps de visiter le reste de la capitale sur le chemin du retour.

« Voyager, c'est voir le monde tel qu'il est et non pas comme on voudrait qu'il soit. »

– Damien Personnaz

3 commentaires

Rano

Je me suis enfin décidé à créer mon compte pour réagir à tes articles passionnant ! Continue de me (nous) faire rêver et rire (oui tu me fais rire). Pour ta prochaine étape, si le temps te le permet je te conseille de pousser jusque Trinidad au sud de Cienfuegos, mais tu l'avais peut être déjà prévu ;)

  • il y a 2 ans

Pagbo

"La Havanne" en titre alors que dans le paragraphe juste en dessous c'est bien écrit...
En tout cas en te lisant (oui j'avais beaucoup de retard), je t'imagine très bien vénère en voyant les cubains jeter "leurs déchets à même le sol" :).

  • il y a 2 ans
Fabien

GxiGloN

Ahah, ils sont pas si sales que ça (à part dans le Vieux Havane). Merci pour la faute ;)

  • il y a 2 ans
1 Voyage | 105 Étapes
La Havane, Cuba
76e jour (03/04/2017)
Étape du voyage
Début du voyage : 18/01/2017
Liste des étapes

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