3 semaines dans la ruralité cambodgienne aux alentours de Kampot

Publiée le 30/03/2019
Trois semaines de Workaway à la " red road foundation " à 40 min de moto depuis Kampot.

Kampot

Après une étape express à Phnom Penh où nous avons récupéré nos passeports partis se faire tamponner les feuilles d'une extension de visa de 30 jours supplémentaires, nous prenons un autre bus pour Kampot.

Nous y passons une journée avant de partir pour le Workaway et nous découvrons une ville agréable en bord de fleuve. Les rues sont propres, et le centre inspire le calme. Il y a beaucoup d'expats à Kampot, et donc pas mal de restaurants qui proposent des mets occidentaux. Jusqu'à présent nous n'avons pas été conquis par la nourriture cambodgienne, peu d'épices, et rien de spécifique au Cambodge en particulier. On ne peut pas dire qu'on aura beaucoup mangé local à Kampot !


Kampot
Smoothie bowl
Vegetables

C'est parti pour le Workaway !

Nous avons rdv dans la matinée avec Nathan et Ellie, un jeune couple d'anglais qui ont été volontaires au Workaway il y a quelques temps et qui habitent maintenant sur Kampot et s'occupent entre autre d'amener les nouveaux volontaires toutes les semaines.

Après un bon smoothie en ville, on part louer un scooter chez leur loueur habituel, on en aura pour 25$/semaine ! C'est ensuite parti pour 17km à suivre Nathan et Ellie, soit 40min de scooter étant donné la route. Très vite sorti de la ville on roule désormais sur une piste en terre ocre enchaînant les petits villages.

...vous avez dit "Workaway"?

Bon, on vous la refait. Le Workaway c'est une sorte de volontariat pour à peu près n'importe quel type de projet ou de business. Le principe de base est le suivant : on est nourris logés contre 5h de travail par jour, 5 jours par semaine.

Ici en l'occurrence on devra s'occuper de notre nourriture, on est logé, et le travail est au bon vouloir du volontaire, on était très libre de ce côté là !

Le projet de la "Red Road Foundation" a été lancé il y a quelques années par une américaine, elle a acheté un terrain avec pour but d'y implanter une école gratuite et d'y installer une plantation de moringa dont la vente des produits dérivés servira à financer le fonctionnement de l'école. Dans le même temps, Rachel, la créatrice du projet, veut sensibiliser la population sur l'environnement et les déchets. En ce sens, l'école a été construite avec notamment des bouteilles de verres récupérées, et un cabanon à outils à partir de bouteilles en plastiques remplies de déchets plastiques. 

Sur le terrain qu'elle a acheté, elle a cherché une famille locale pour qu'elle s'installe sur place et veille sur la plantation.

Et nous dans l'histoire ?! La récolte de moringa ayant été faite récemment, il y a beaucoup moins de travail sauf que... Un projet de construction d'un bâtiment qui servira d'atelier de transformation au moringa (huile, poudre. Gélules) a été entamé et doit être fini avant qu'on parte. Ce sera donc notre occupation principale.

Depuis la route
L'intérieur de l'école
Notre habitation
Quelques moringas

Jour 1

Non, encore une fois on ne va pas vous raconter tous les jours un par un mais le premier jour a été assez riche en émotions :-D

Nous arrivons sur place en fin de matinée et rencontrons la famille qui vit sur place, Bong Da le père de famille, sa femme et leurs trois enfants. On monte ensuite en haut du terrain à quelques 50m plus loin jusqu'à l'habitation dédiée aux volontaires. Il s'agit d'une habitation traditionnelle, c'est a dire en bois avec des chambres à l'étage. La structure repose sur des pilotis, poutres rondes en bois posées sur un plot en béton. On sent donc le bâtiment tanguer légèrement sous nos pas! Nous rencontrons les trois autres volontaires qui sont là depuis déjà un mois quasiment, Neut (diminutif de Neutrino) et Dana un couple d'américain, et Madison une américaine également. 

L'après midi on part dans la ferme de Lee à une dizaine de minutes. Cambodgienne de naissance mais très rapidement émigrée aux USA pendant les Khmers rouges, elle est revenue au Cambodge il y a quatre ans et a développé une ferme qui produit beaucoup de plantes et arbres différents (plus de 1000 espèces). Elle fait pour l'instant 6 mois aux USA et 6 mois au Cambodge le temps que sa ferme soit rentable et elle compte ensuite rester au Cambodge. Nous allons donc chez elle pour aller couper des bambous qui nous seront utiles pour le toit du bâtiment.

Et là... C'est le drame!

Sur le chemin du retour la nuit tombe, et sur une succession de trous et bosses je perds le contrôle du scooter et l'on se ramasse sur le côté. Nous ne roulions pas hyper vite, nous n'avions pas mis les casques car ceux prêtés par l'agence de location n'étaient clairement pas adaptés à nous et plus dangereux qu'autre chose, à mon avis. C'est plutôt bien, ce sont les genoux qui prennent !

Je me relève, je demande à Eva si ça va, si elle n'a rien. Ça a plutôt l'air d'aller niveau blessure avec néanmoins une bonne égratignure au genou, et une petite égratignure au coude, mais elle est sous le choc. Pour ma part c'est un peu plus moche, pas d'égratignure mais une entaille sous le genoux et assez profonde, j'ai du me chopper un caillou saillant. Neut, Dana et Madison qui étaient devant nous ont fait demi tour et  on repart en les suivant, plus doucement... jusqu'à la maison.

On est vraiment dégueulasse, on a passé l'après midi à suer pour couper les bambous et la chute sur la piste de terre rouge ne nous a pas arrangé. Je pense d'abord à bien nettoyer nos plaies avec ce qu'on a et qu'on ira le lendemain à Kampot à l'hôpital, ou ce qui s'en rapproche pour bien faire vérifier tout ça. Mais Bong Da nous dit qu'il y a un médecin au village (à peine 3km) et on décide donc d'y aller. 

C'est une infirmière qui semble être "de garde" et qui appelle le médecin qui arrive 5min plus tard. Il nous demande d'aller nous laver les membres et les plaies dans la salle de bain avec du savon. Je frotte le plus possible la plaie et fait en sorte d'évacuer toutes les poussières ou débris à l'intérieur. Je nettoie ensuite celles d'Eva car si elle le fait elle-même elle tombe dans les pommes ^^

Je m'assois ensuite sur une chaise et il remplit la plaie de Bétadine avant de commencer à me recoudre, sans anesthésie. Je n'ai pas vraiment mal à vraie dire. Je suis surpris de la résistance et de la fragilité de la peau, si vite égratignée ou coupée, elle semble assez coriace à être transpercée par l'aiguille du couturier du jour. Je le filme pendant qu'il nettoie la plaie et qu'il me fait les points, et c'est pas plus mal car mon flash éclaire vraiment ma plaie contrairement à la faible lueur de l'ampoule de la pièce ! Pour ceux qui aiment les trucs dégueu, vous pouvez regarder la vidéo ci dessous 😷😋

4 points, de la Bétadine, et un bandage pour mon genou, de la Bétadine et un bandage pour celui d'Eva et de la Bétadine pour les autres égratignures... On est bon! Enfin presque, il faut payer maintenant... 

N'ayant pas pris d'argent c'est Neut qui nous avance, je lui demande combien c'est, il me fait "4$". Pas besoin d'appeler l'assistance je crois ^^ 4$ pour les soins + des comprimés pour trois jours pour nous deux de paracétamol et de pénicilline !

Plus qu'à aller dormir !

Le quotidien

Le premier coq de la ferme nous pousse en général la chansonnette à 4h du mat. On se lève plus ou moins entre 6 et 7h, il fait encore bon. 

Ceux qui le sentent commencent à arroser une petite pépinière, des pieds de piments, quelques plantes potagères et des long bean (haricots vert très long, une bonne cinquantaine de cm) qui poussent aux pieds des moringas. 

C'est à peu près tout pour les tâches quotidiennes ! Donc le rythme est plutôt tranquille. 

La récolte de bambous continue pendant deux jours mais on reste sur place avec Eva pour ne pas forcer sur nos genoux.

Je bricole une étagère dans la salle de bain, et fait deux trois autres bricoles. 

En cuisine

Pour manger on achète ce qu'il nous faut au village. Il y a différentes familles qui proposent des légumes (morning Glory, aubergine, oignon, pak Choi principalement) et d'autres articles non alimentaires. Pour boire nous avons des grosses bonbonnes de 20L (celles des fontaines à eau comme en France) que l'on peut faire remplir pour 1$. Idem pour les bouteilles de gaz (des petites, pour un réchaud portable qu'on se sert pour cuisiner) qui coûte 0,25$ pièce. 

Pour le reste on est allé à Kampot avec Eva chaque dimanche pour acheter notamment du lait de coco (on en met un peu partout pour des curry, riz au lait, dessert...), des légumes variés et pas cher. On a acheté l'équivalent d'un sac de course pour 8$. Et on profite d'être sur Kampot pour se faire un bon smoothie, ou smoothie bowl, ou un resto...!

On mange rarement le midi avec Eva, mais le soir, ceux qui font à manger font le repas pour tout le monde.

On part au lit vers 20h/21h. On a personnellement installé notre tente dans la chambre pour avoir une moustiquaire de qualité, donc on fait à moitié du camping ^^

Construction du bâtiment

Selon les dires, si on a tous les matériaux disponibles on peut finir le bâtiment en 3 jours. Mais ça traine, on attend pour un truc, pour un autre et on commence les travaux qu'un peu plus d'une semaine après notre arrivée. Le truc c'est que je compte récupérer les chutes et les bambous inutilisés pour fabriquer des meubles et améliorer l'espace de vie, enfin surtout la cuisine. Donc je suis content qu'on commence enfin.

Le but de la construction est d'utiliser des "briques" fabriquées par les volontaires en compressant des bouteilles en plastiques fourrées de sac et déchets en plastique. Toutes les bouteilles et les déchets viennent du village, c'est pas ça qui manquent. Ils ont été apportées en partie par les enfants du village, en général contre un cahier ou un stylo. On obtient une brique d'environ 20cm *40 à 60cm, sur 20 à 30cm de haut. 

L'édifice a déjà commencé à être bâti il y a 2mois, mais le gars qui les avait conseillé et qui était censé revenir n'est pas revenu. Pour le coup, ce qui a été fait n'inspire pas la solidité. En effet des tiges de fers à béton on été planté dans une " chappe" en ciment, et servent de coffrage aux briques de plastique. Il y en a pour l'instant sur un bon mètre de haut. Ensuite tout est censé être cimenté et un toit posé par dessus. Mais tout a été fait assez à l'arrache, rien qu'au sol il n'y a pas deux murs qui ont la même longueur. Et le fer à béton pour tenir le toit...

Avec Lee on décide donc de tout défaire. En s'y mettant tous on fini en une heure. Plus qu'à construire maintenant !

Les trois jours qui suivent sont intenses des locaux viennent pour former la structure traditionnelle. Nous on fabrique des panneaux en bambous qui serviront de coffrage aux briques. Il faut ensuite créer les supports qui maintiendront les panneaux, puis mettre les briques, fixer les panneaux...

Au troisième jour je suis content que l'on s'arrête car je ne me suis pas arrêté ! C'est aussi un peu fatiguant mentalement car à plusieurs reprises on a du défaire et refaire ce que l'on avait fait puisque rien n'a vraiment été très calculé donc c'est sur le tas qu'on voit ce qui va ou pas! En tout cas on a bien avancé Il ne reste quasiment plus qu'à enduire.

Fini la construction, place au bricolage !

Yes, je vais enfin pouvoir refaire cette cuisine à laquelle je pense depuis deux semaines et qui n'est pas du tout fonctionnelle ! J'ai donc construit pas mal de trucs, avec Eva en assistante personnelle ;-)

L'évier : première chose, que j'avais déjà entamée : amener un "évier" dans la cuisine. Jusqu'à maintenant, ils faisaient la vaisselle dans une bassine au pied du gros réservoir (plusieurs m^3) d'où l'on tire l'eau non potable. Vraiment pas pratique d'autant plus qu'il n'y a pas de lumière !

J'ai donc récupéré le support d'une espèce de vieux barbecue qui avait été fait à partir d'un bidon, maintenant tout rouillé. Nous avons acheté trois bassines au marché et donc installé le nouveau plan de travail avec les trois bassines dans la cuisine. J'ai découvert le système de trois bassines l'été dernier à "la graine indocile" et j'ai été convaincu. La première bassine sert à laver la vaisselle avec de l'eau et du savon, la deuxième à rincer avec de l'eau claire, et la troisième à effectuer un second rinçage à l'eau claire. 

Les bassines se salissent au fur et à mesure, et quand c'est trop sale on vide la première bassine. La deuxième bassine devient la première, la troisième devient la deuxième, et celle qu'on vient de vider devient la troisième avec une eau toute propre!

Un placard à bouffe :  pour ranger la nourriture, il y a une espèce de rack en grillage sur 1,5m de long à 1,5m de haut. Pas trop mal en pratique pour prendre et mettre les aliments mais ce truc bouche toute la vue et si on s'installe avec la chaise sur la table/plan de travail qui est dessous on se retrouve avec le grillage dans le front... 

J'ai donc décidé de faire une étagère à trois niveaux, dans un coin qui ne gêne pas et qui permettra de ranger plus efficacement ce qu'on a à mettre dedans. 

Le bar 

En face du plus grand plan de travail, on a théoriquement la vue sur la plantation de moringa, la maison de Bong Da en contre bas et la route, et le couché de soleil derrière les montagnes. Sauf qu'une multitude de bric et de broc on été mis de manière à accrocher des légumes, des épices, ... Et ça ferme de la même manière l'espace. J'ai donc enlevé tout ce qu'il y avait, fabriqué des minis étagères fixées au placard, et créé un bar qui permet de voir ce qui se passe en cuisine. (Dans l'idéal j'aurai du fabriquer des tabourets, mais pas le temps!)

J'ai également créé un support pour le réchaud pour qu'il reste toujours à la même place et d'aplomb, et également une étagère sous le plan de travail pour ranger les casseroles et woks.

La table

Il n'y en a tout simplement pas. Il y a bien une zone surélevée en bambou où les locaux mangent traditionnellement en étant assis dessus, mais la nôtre est fermée sur trois côtés et toujours un peu encombrée. Du coup quand le dîner est prêt chacun se sert mais part manger dans son coin, c'est dommage !

J'ai donc fabriqué une table coulissante pour qu'on puisse la ranger après chaque utilisation sous le plan de travail. Là aussi si j'étais resté deux mois j'aurai fabriqué des bancs mais on se débrouille avec ce que l'on a. Et bizarrement il y a beaucoup plus d'échanges le soir autour de la table!

Le rocket stove!

Avec pour seul feu de cuisson le réchaud à gaz (qui fonctionne très bien) j'ai voulu construire un autre point de cuisson, qui permettra de faire chauffer de l'eau ou cuire autre chose en parallèle et nous permettre de ne pas galérer quand on a oublié d'aller acheter du gaz. Ce qui ne devrait plus arriver depuis que j'ai fait deux étagères distinctes pour les bouteilles vides et pleines, et pas toutes dans la même comme c'était le cas avant!

J'ai donc construit un rocket stove avec des briques en terre qu'il y avait sur place et un mélange d'eau+terre pour jointer les briques de manière à le rendre le plus hermétique à l'air possible. 

L'allumage m'impressionne, toujours du premier coup! On peut ensuite entendre ronronner le rocket stove, et admirer le feu puissant et sans fumée grâce à la double combustion !

C'est à peu près tout pour mes créations. Ah, si! Je voulais essayer de faire des "steamed buns (genre de petit pain cuit à la vapeur), donc j'ai fait un petit panier vapeur en bambou et on a réalisé les moules avec des feuilles de bananiers et cure dents maison en bambou ! Le tout sur le rocket stove à la vapeur, et hop steamed buns, dont le résultat était plutot bien!

Les enfants

Du lundi au vendredi l'école est en khmer, le samedi et dimanche c'est en anglais. Il y a toujours des enfants qui viennent nous voir, que ce soit pendant leur pause, ou pendant les cours quand ils en ont marre d'être en classe. 

Ils nous parlent un peu anglais, "hello" "how are you?" " Where are you from" " what are you doing" sont les phrases qui reviennent le plus. Certains ont toujours le sourire, d'autres ne sourient jamais et ont un regard dur, perçant et assez déstabilisant.

On connaît beaucoup mieux Chiang Mai (12 ans) et Soune (phonétiquement, 8 ans) qui sont les deux aînés de la famille. Dans ces pays les enfants sont très débrouillard dès le plus jeune âge. Que ce soit pour cuisiner, utiliser une machette, conduire un vélo ou un scooter, conduire sur des routes avec un traffic incroyable... Bien débrouillards! 

Le dernier jour de notre séjour j'ai fait un cours de cuisine sans le vouloir. J'étais parti pour faire des crêpes avec les différentes farines que l'on avait (riz, tapioca et pois chiche + lait coco + oeufs + bière) quand une dizaine de gosses sont arrivés. Je leur ai laissé finir la pâte, puis après avoir fait deux trois crêpes, une des filles a pris l'initiative de prendre le relais et en a fait les trois quart sous les yeux de ses camarades. Ils se sont bien sûr partagés quelques crêpes et nous avons passé un très bon moment ! Eva a même pris un cours de Khmer en même temps ;-)

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Avec Chiang Mai
Soun
Chiang Mai part chercher des bières !
Massage à la chaîne

Les volontaires

On a réellement passé du bon temps dans cet endroit avec toutes les personnes qu'on a croisé. En étant tous très différents on arrive à tirer le meilleur de chacun quand on laisse les jugements et préjugés de côté, et ça se ressent dans des expériences collectives comme celle là. De plus, être en contact et vivre avec des gens qui ont d'autres points de vue, philosophies, manières de vivre me permet d'en apprendre beaucoup sur moi et ça, c'est top!

Et les locaux ?

Après trois semaines sur place, on commence à être imprégné de l'ambiance et de la vie locale. Entre la famille qui vit sur place, les gens du village, Lee qui est cambodgienne mais qui a un regard extérieur on comprend le contexte dans lequel ils sont. 

Le rythme est plutôt tranquille à la campagne. Généralement debout à 6h ou avant, nombreux sont ceux pour qui le hamac est une activité prépondérante dès la fin de matinée. D'autres semblent plus occupés, comme sur la ferme de Lee où le travail ne manque pas. 

Il y a l'air d'avoir une certaine lassitude dans nombre de regards. En fin de journée par contre ça s'éveille un peu plus, les hommes boivent assez régulièrement, de la bière, ou une nouvelle boisson alcoolisée "wrestling wine" à l'étiquette prometteuse. Nous entendons souvent Chiang Mai au micro, pour une soirée karaoké. Ici et dans pas mal de pays d'Asie du sud-est, les maisons traditionnelles sont toutes ouvertes, ils vivent sous les pilotis et les murs de la chambre sont juste des planches ou du bambou. Ceci pour dire que quand quelqu'un fait une soirée, il y a zéro isolation, et on l'entend à pas mal de km à la ronde ! Des fois on se croit en pleine campagne tranquille, mais on entend la musique au loin une bonne partie de la nuit! C'était le cas pendant vipassana d'ailleurs !

Il est temps de partir. On s'est bien habitué à laisser le sac à dos dans un coin de la chambre, ça va nous faire bizarre de l'avoir de nouveau sur le dos. C'est agréable en tout cas de faire une pause et de rester au même endroit un certain temps. Ça change de chercher quotidiennement un hébergement, un transport, quoi visiter et de bouger tous les deux jours.

Ces trois semaines sont passées super vite, et en même temps on a l'impression d'être là depuis des mois !

On fait nos au revoir puis on emprunte une dernière fois cette route en terre rouge jusqu'à Kampot.

Miam

Kep

L'estomac rempli, nous partons pour Kep, situé à une vingtaine de kilomètres sur une route en bonne état !

Petit stop à la guesthouse où nous allons passer la nuit pour déposer nos sac à dos, puis nous repartons un peu dans les terres vers une ferme de poivre... de Kampot!

On a choisi d'aller à Sothy's peper farm, une petite exploitation de 1000 pieds, organic, et qui emploie 14 personnes à temps plein sur l'année. Une visite est proposée par des volontaires (Workaway). Pour nous c'est un andorran qui nous fait la visite en français.

Pieds de poivre

Le poivre de Kampot

Après un arrêt quasi-complet de la production de poivre pendant la période des Khmers rouges, qui ne croyaient pas à l'exportation et encore moins l'exportation d'épices (du riz, du riz, que du riz!) Dans les années 90, certains petits producteurs ont repris la plantation et relancé la production. Alors que le prix du poivre s'effondre en 2005, des expatriés décident de créer un entreprise pour promouvoir ce produit et travailler avec les agriculteurs. Une AOC a été créé en 2010 puis l'Europe a créé une IGP, permettant ainsi de savoir que le poivre que l'on achète est bien de Kampot et pas un poivre quelconque de leur voisin vietnamien. Le poivre de Kampot a en effet un goût très caractéristique, de par un climat particulier mais aussi d'un sol particulier riche en ferrite et autres minéraux permettant à la plante de donner ces arômes riches.

Différents poivres

Le poivre vert : cueilli vert (avant la maturité) et blanchi dans l'eau bouillante puis conservé généralement dans du sel. Explosions de saveur en bouche ! 

Le poivre noir : poivre cueilli vert puis séché 10jours à 45°C, ici dans une serre en plexi.

Le poivre rouge : cueilli à maturité puis séché, il est donc plus doux, avec des notes fruitées.

Le poivre blanc : cueilli à maturité puis trempé dans l'eau une nuit ou bouilli pour lui retirer son enveloppe et enfin séché.

Les récoltes sont faites à la main, ensuite un tri est fait entre les grains rouges et vert, puis un passage au tamis permet de ne garder que les gros grains. Les petits seront utilisés pour faire un thé en les mélangeant avec le reste des tiges qui portaient les grains. 

Les grains son ensuite mis à sécher. Un contrôle qualité permet de retirer tous les grains ayant des défauts et de ne laisser que les "beaux" à la vente. Les recalés finiront en poivre moulu!

Au tamis !
Séchage en cours
Les différents types de poivre, et un morceau de roche

Bokor National Park

On profite de la plage à Kep pour se rafraîchir et le lendemain nous rentrons sur Kampot pour aller au Bokor National Park. 

On part à 7h, une dizaine de minutes plus tard on entre dans le parc mais il faut encore une bonne trentaine de kilomètres avant d'arriver au sommet de ce mont qui surplombe la ville (1081m). On peut pas dire que l'on a chaud, nous roulons dans la brume sans grande visibilité et sans pull. On est content de descendre du scooter pour admirer la vue qui nous est finalement offerte au sommet!

On se balade ensuite sur la route, profitant du paysage et de quelques points d'intérêt sur le passage. 

Frisquet dans la brume
Pano
Nous
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La fin du Cambodge

C'est l'heure de partir avec un premier bus vers Phnom Penh afin d'en prendre un autre pour rejoindre les "4000 îles" laotienne...

1 commentaire

tatiflo

Vous êtes de vrai petits reporters, photos, films,commentaires...super, on est un peu avec vous!!👍👍👍

  • il y a 2 mois