L'interminable voyage et arrivée au Laos

Publiée le 11/11/2019
Que ce fut lonnnnggg

Coucou tous ! 

J'avais envie de vous raconter notre passage de frontière terrestre entre Le Vietnam et le Laos. Habitués des frontières aux aéroports où tout se passe très vite, où tout est super bien organisé, ce passage de frontière fut des plus comiques. Pourtant, ce ne fut pas le premier. Souvenez vous, nous avons aussi passer la frontière entre la Russie et la Mongolie par voie terrestre et tout s'était déroulé comme sur des rails (ben oui, nous étions en train !). Voici donc le récit de notre journée interminable ! 

Tout d'abord, nous avons pris nos billets la veille du départ, direction Phongsaly. Pourquoi aller se perdre dans le nord du Laos : pour de l'authenticité ! Les villages ethniques, la vraie vie loin des sentiers battus. Et ben niveau authenticité, on va être servi ! 

Fraîchement arrivé de Sapa à 4h45, nombre de nos compagnons de route continuent directement vers le Laos. Nous avons décidé de faire une petite halte à Dien Bien Phu, d'une part pour son coté historique avec la France mais aussi pour nous poser après un voyage en bus de nuit. Du coup, le départ est prévu pour 7h15, et doit durer sur le papier 7h. Il faut y être 15 min avant, nous avons 30 min de marche pour y aller, le réveil sonne donc à 6h. 

Nous arrivons à l'heure à la gare routière, et là, le beau bus rouge annoncé la veille s'est transformé en mini bus, toujours rouge, tout pourri et presque plein (environ 24 places), il ne reste plus que quelques places au fond, 4 places au derniers rang sans place pour les jambes, juste de quoi les étendre avec des sacs au bout des pieds. Ca passe, ça va le faire. 

Le bus est à l'heure : départ à 7h13. 

Premiers stop 1km après le départ, toutes les places assises sont prises sauf une à coté de moi. 1 personne monte, ok. Deuxième stop 10 min plus tard (pas de panique, je ne vais pas vous énumérer tous les stops sinon je vais saturer le blog !), 5 hommes montent. Sauf qu'il n'y a plus de place 'normales', juste les places à nos pieds. C'est donc là qu'ils viennent... nous voila en tailleur sur notre siège ! On espère que ça ne va pas durer, mais si ... Nous voilà donc à 9 sur 4 'vraies' places, et au total 32 personnes dans notre minibus. Nous sommes bien évidemment les seuls étrangers et suscitons les regards et les rires. 

Le temps est long, on est mal installé, la route est sinueuse, ça bouge mais nous arrivons à la frontière Vietnamienne, Tay Trang, 2h plus tard (35km parcourus). On en avait entendu des vertes et des pas mûres sur les postes frontières terrestres vietnamiens et la corruption, comme quoi pour un coup de tampon il fallait débourser 2$ etc ... Et ben, sans négocier, tout c'est très bien passé. Vu le nombre de bus, il a tout de même fallu faire environ 45 min de queue, mais on ne nous a rien demandé, on a même eu des sourires ! 

Nous reprenons le bus dans la zone internationale et arrivons à Sop Hun, poste frontière du Laos. Il n'y a qu'une file pour tout le monde, on se fait aboyer dessus depuis une mini fenêtre où une main sort 'FOREIGNER !!!!'. On y va, on nous demande une photo (pas de bonjour, c'est la douane !), on a tout prévu, on la colle sur un papier que l'on nous demande de remplir. Facile (au passage, après la case SEX, il y a la case RACE ... on pensait écrire Terrien mais on avait peur que ça ne passe pas). 

On redonne le papier, il passe entre plusieurs mains pour remplir 3 registres papiers et nous dit que le visa est de 30$par personnes (on les a, on était au courant) + 10 000 kip pour les frais + 20 000 kip pour la police. Problème, nous n'avons pas de Kip. Obligé de faire du change dont le taux fut largement à leur avantage ! On demande d'où sortent ces 20 000 kip, dont il n'est nullement fait figure où que ce soit. Nos passeports passent de fenêtres en fenêtres, sont rentrés sur ordi, puis encore sur des registres papiers et nous arrivons au moment du paiement. Nous avons nos 90 000 kip et nos 90 $. Il prend nos kip, scrute nos $ et les refuse. Incompréhension totale. Nos billets ne sont pas assez beaux ! 

  Et pourtant rien n'y fait. Il met nos passeports de coté et fait passer les autres. Pour certain, même déconvenue mais eux font directement du change avec une autre monnaie, d'autres passent. Le douanier ne nous adresse plus la parole. Par chance, nous avions d'autres billets dans mon sac, sur le toit du bus ! Obligée d'aller les récupérer. Nous en trouvons quelques 'beaux' même si c'est très subjectif ! Et après négociation de Steeve (vous imaginez mon état d'énervement), il nous laisse passer. Conclusion, passage de frontière 1h et bakchichs 9€ (soit 9 bières tout de même!). Et le bus nous attend, nous sommes les derniers et de loin ! 

Nous reprenons donc la route et nous arrêtons pour manger, il est 12h45 et nous avons fait 65km (rappelons que nous devons en parcourir 319)! 

Nous repartons à 13h30 (sachant que nous pensions arriver à 14h/14h30). Il faut savoir que le nord Laos est très vallonné, il n'y a pas d'autoroute, les routes sont sur une seule voie et la plupart à flan de montagne, du coup nous ne faisons pas plus que du 30km/h de moyenne. Que c'est long ! Nos voisins s’étalent de plus en plus, comme s'ils avaient l'habitude de la promiscuité ! Notre chauffeur nous met la radio à fond, de la techno vietnamienne ou laotienne. Pour s'entendre les hommes hurlent. 

Steeve, en plus, a du mal à digérer et à supporter les virages, la chaleur et l'odeur de 10h entassé dans un bus n'aidant pas. Histoire de nous pourrir encore un peu le voyage, impossible de voir la vue dehors, les vitres étant revêtues d'un papier imitation teinté mais tellement rayé qu'il est opaque sans parler de la poussière le recouvrant. 

Finalement, après je ne sais combien d’arrêts où ça monte et ça descend sans cesse, nous voilà sur la dernière ligne droite. Nous ne sommes plus que 10 dans le bus, nous avons de la place, il fait nuit et nous rigolons de la situation. Il reste 41 km à faire, le bus mettra 1h30 ! De dérision, avec Steeve nous imaginons ce qui pourrait être pire : tomber en panne, crever et là le bus s’arrête au milieu de nul part ... Le chauffeur descend... observe le coté gauche un long moment, manipule 2/3 trucs et nous repartons. Qu'y avait-il ? Aucune idée ! 

Finalement nous descendons du bus à 20h58. Nous n'avons pas de logement et n'avons pas mangé. Phongsaly est loin d'être une ville touristique, nous sommes vendredi soir mais les rues sont vides ! 

Nous trouvons tout de même une chambre dans une GuestHouse et sommes accueillis dans celle ci par les cafard ... Après cette longue journée, nous méritons bien une bonne bière à un 1€ les 660cl ! 

Bilan : 13h45 pour faire 319 km, soit une belle moyenne de 23 km/h !

C'est dans ces moment que l'on regrette notre bel avion privé ! 


Notre beau bus !
Au départ ... on est plutôt pas mal.
Pourtant c’était écrit !
Bientôt arrivé. On n’en peut plus !
Récompense !
1 commentaire

manoueliane

Quelle galère! La moutarde doit monter au nez! Le plus dur c'est de se maitriser et de rester cool! pour ne pas envenimer les choses! Trouvez vite une bouffée d'air frais. GROS BISOUS;

  • il y a 1 mois