Vis ma vie de loup de mer

Publiée le 05/07/2020
3 jours de traversée 3 avis ! 3h de lecture !

Je vous présente notre nouvelle maison/moyen de transport : le Mana Iti. Un monocoque ketch en composite de 54 pieds avec un bout-dehors, de 1981 (il est vraiment très jeune ce bateau !). Je vous parle martien ? Et bien pour nous aussi au début c'était pareil ! Mais après quelques jours à  bord nous nous familiarisons avec le vocabulaire maritime. 

Traduction pour les novices : le Mana Iti (Mana veut dire esprit  dans le sens des esprits des choses ou des éléments et Iti, vous devriez le savoir si vous avez lu notre article sur Tahiti, veut dire petit. Donc Mana Iti veut dire petit esprit). Un monocoque (facile : bateau à  une seule coque) ketch (avec 2 mats dont celui de l'avant qui porte la grand voile est plus grand que celui de l'arrière qui porte l’artimon) de 54 pieds (18m) avec un bout dehors (une sorte de petit balcon qui ressort à  l'avant du bateau et d'où Este adore sauter)

Au niveau équipement, il y a 3 cabines : 2 à l'avant, assez petites (une avec un mini lit double et l'autre avec 2 lits superposés) et avec une salle d'eau (WC marin, on tire la chasse avec un pompe, et douche) et celle de l'arrière, la cabine du capitaine, assez grande, avec un vrai lit double et sa salle d'eau. Une cuisine avec feu et four à gaz, système de réfrigération, double évier (eau salée, eau douce). Au milieu, un carré avec banquette, table de navigation, un piano clavier. Sur la papier, tout est parfait ! 

Et tout ceci est la propriété depuis 2 ans de capitaine Romano, notre loup de mer ayant traversé mers et océans à plusieurs reprises. 

Et c'est donc à bord du Mana Iti que nous allons faire notre vraie première expérience de voile, en partant de Tahiti en direction de l'archipel des Tuamotu, une navigation de 190 miles et qui devait durer 2 jours et 2 nuits. 

Autre compagnons de bord pour cette expérience, une autre famille tourdumondiste, tout comme nous ''coincée'' depuis mars au paradis. Le papa, François, l'homme à tout faire du bateau, passant de l'équipier en chef au cuistot des nav' sans oublier le boulanger/pâtissier et l’électricien, la maman, Clem, bras droit de François, Colin, 11 ans et Fleur 7 ans, les trop bons copains d'Esté ! 

Nous n'avons pas du tout vécu cette traversée de la même manière, du coup vous allez avoir le droit à une triple dose de traversée !


Le mana iti
Le carré
La cuisine
La table des devoirs
La descente
La cabine du capitaine / salle de jeux

Vis ma vie de loup de mer vue par Mim

Déjà , parlons du bateau. J'espère que je vous ai fait rêvé avec ma description du Mana Iti. Pourtant, A  première vue, on est loin du bateau de rêve. Lors de notre première visite, Romano nous reçoit dans un beau bordel ! Un loup de mer célibataire... imaginez un peu. Le bateau a l'air rafistolé© de partout, un peu en chantier quoi. Au moins on voit que le proprio ne le laisse pas à l'abandon, quoi que. Mais bon, on a quand même très envie de tenter l'expérience maritime. 

J'étais donc super contente de partir et de vivre une nouvelle expérience après cette fin de tour du monde chamboulée. Nous arrivons sur le bateau le jeudi et faisons la connaissance de nos coéquipiers. Vendredi est réservé à  la préparation du bateau pour un départ samedi. Clem, Colin, Romano et moi partons pour l'avitaillement pendant que François et Steeve récurent le bateau (c'est vraiment le bon mot ! le ménage n'étant pas le point fort de Romano). 3 chariots remplis à ras bord plus tard, nous commençons le rangement de nos victuailles et là le premier problème commence. Il n'y a pas de place. Non pas que le bateau n'ai pas de rangements, bien au contraire, mais plutôt car notre capitaine a énormément d'outils en tout genre qui sont rangés hétéroclitement un peu partout. Bref ce n'est qu'un détail. 

Le grand départ a lieu le samedi à 11h30, de la marina de Taravao, entre Tahiti Nui et Tahiti Iti, dans la bonne humeur (après avoir nettoyé 80m de chaîne d'ancre maillon 14, au mouillage depuis 6 mois et bien incrustée de coquillages et de vase ... humm sympa !). 

Au début tout se passait bien, on a mangé, on a rigolé. Par contre, pas de vent, tout au moteur, c'est un peu con pour un bateau à voiles mais pas le choix. Le problème quand on est au moteur, c'est que le bateau ne réagit pas naturellement et a des mouvements plus secs, brusques. Bilan, la bonne humeur du départ s'est vite dissipée, laissant place à des nausées, mal de tête et tout ce qui va avec. 1ère soirée : malade ! Et impossible de me coucher dans la cabine, trop chaud, pas assez d'air et trop forte odeur de gazole. Du coup je somnole dehors en attendant mon quart de nuit. Ben oui, j'ai bien dit vis ma vie de loup de mer, nous ne sommes pas en croisière 5 étoiles, on veut participer et la nuit le bateau ne va pas se conduire tout seul. Du coup, à 5, on se partage la nuit pour que tout le monde puisse dormir et conduire 2h. Pour ma part, j'ai fait les quarts difficiles (entre 1h et 4h du matin en gros). Franchement, même si c'est difficile (surtout la journée car on est fatigué), la nuit, c'est génial. Hyper calme, on n'entend que le bruit de la mer sur la coque. Et vu que le bateau n'avance pas (au moteur et contre le vent), on a bien le temps de profiter de la voix lactée et du bruit de la mer (sans les cris des enfants). Le truc con, c'est que c'est la nuit que l'on croise les autres bateaux, souvent des bateaux de pêcheurs, surement en fraude, donc ayant coupé leur AIS (système de géolocalisation obligatoire pour les bateaux de plus de 15m). Il faut les éviter car eux ils s'en foutent !

2ème jour, on se relaie à la barre, la matinée s'est bien passée, le vent s'est levé, on a hissé les voiles. Ça bouge moins, il fait beau, il y a de l'air c'est cool. Mais le soir, tout recommence, me voilà encore nauséeuse (à la nuit tombée, quand je ne vois plus l'horizon). J'arrive tout de même à prendre mon quart, au loin l'orage. Au moment de la relève, j'étais tranquille mais il n'y avait pas d'étoile, un grand coup de vent fait gîter le bateau et change soudainement de sens ! Panique pour ma part, l'équipage vient prendre la relève. Le vent est fort, 25 nœuds, le bateau est très penché (pour les novices), il pleut. La fin de la nuit fut rude pour le reste de l'équipage, la gite du bateau aillant eu raison de moi, je suis encore malade ! 

Au matin du 3ème jour, tous avons des petits yeux. Le vent est toujours fort (mais pas de bol, pas dans le bon sens pour nous mener vers Fakarava) mais la pluie a cessé. On avance bien. C'est au bout de cette 3ème nuit que j'ai enfin pu profiter de la soirée sans aller me coucher avant les autres ! Levée à 1h pour mon quart habituel, sans soucis. François prend ma relève, je me couche en rêvant d'îles paradisiaques. 

Je me lève le matin du 4ème jour l'esprit encore rempli d'îles... ma déception fut des plus grande quand j'ai vu que nous étions encore au milieu de l'océan ... Encore 6h de nav'. J'EN PEUX PLUS !!!!!! 

2h plus tard nous apercevons enfin Tikehau ! En même temps, avec ses 2m d'altitude et ses palmiers de 5m, on ne peut pas trop la remarquer de loin. 

Nous passons la passe à 12h45, pour nous diriger vers notre zone de mouillage, devant le plus bel hôtel de l'atoll. Le coin est bien sympa et franchement on a bien mérité notre bière !

A la base, on nous avait dit une journée une nuit, puis surement 2 jours et 2 nuits. Finalement, avec ce vent dans le nez et la coque du bateau pleine de coquillages, on aura mis 3 jours et 3 nuits. 

Bilan : nourriture pour les poissons, check

douche, pas check

repas, 2 sur 3 jours

heures de sommeil, pas beaucoup. 

avaries, 5 minimum allant du bout effiloché prêt à lâcher à l'arrachage d'une manille de génois. 

Bref, la vie de loup de mer, ce n'est pas fait pour moi ! 


3 semaines de courses pour 8 !
3 éme soirée de nav

Vis ma vie de loup de mer vue par Esté

Le bateau Mana iti appartient au capitaine Romano. Il est fait tout de bois. 

Il y a une autre famille qui sont avec nous pour faire un tour de bateau et ils sont très gentils. Les parents François et Clémentine ont deux enfants Fleur et Colin. Colin a 11 ans et Fleur a 7 ans. 

Il y a 3 cabines dont celle du capitaine et c'est là que nous on dort. Il nous a laissé sa cabine. A la place de dire les hublots à l'arrière de la cabine, on dit les sabords mais ceux qui sont sur le coté on dit bien les hublots. 

Nos amis dorment dans 2 cabines séparées. Les adultes dorment dans un lit 1 et demi à 2 et les enfants ont un lit double étage. 

Pour faire fonctionner les toilettes, il faut pomper pour la chasse d'eau et ça ressort dans l'eau de mer. Quand on se baigne autour du bateau, il faut repérer les petits trous et faire attention. 

Le bateau compte deux mats, un petit et un grand et devant il a un génois qui sert à avancer quand on a du vent de face. 

La bateau est grand mais dans la cuisine parfois on ne peut pas se croiser, ou dans d'autre chemin. Mais en principe ça va pour les enfants qui sont plus petits. La cuisine est petite et elle a deux robinet : un pour l'eau de mer et un pour l'eau à peu près potable. 

Je trouve que ce bateau est bien sécurisé parce que il y a des barrières de fer un peu partout. Quand j'imaginais le bateau dans ma tête, je n'aurai jamais pensé qu'il y avait autant de corde dans tous les sens. Comment s'y retrouver. Le nom des cordes en voilier se dit bout et la gauche c'est bâbord et la droite c'est tribord. 

Le deuxième jour, on a dormi à l'intérieur, les adultes sont partis faire les très longues courses et quand je les ai vu revenir je me suis dit que je n'avais jamais vu autant de nourriture sauf dans un magasin. La première fois que l'on voyait cette nourriture, on avait l'impression qu'il n'y aurait jamais de place pour ranger mais finalement, après 3h de rangement, il n'y avait plus rien part terre et tout était bien casé dans le bateau même si c'était serré comme des sardines. 

J'étais excité de partir ! Je voulais voir la traversée et comment on allait dormir. 

Au début, quand on est parti il fallait mettre le moteur car il n'y avait pas de vent et j'ai dit "allumer le moteur" à la place de "hisser les voiles". Au début, la mer était calme et douce mais c'était seulement le début parce que je peux vous dire qu'une fois à l'horizon c'était au point de vomir. Moi j'ai pas vomi, c'est seulement Clémentine et Maman qui ont vomi. 

Pendant la journée, mes amis et moi nous passions le temps à faire des scoubidous ou à écouter ma boite à histoires. On a aussi fait plein de légo comme un char hyper bien. 

Pour la nuit, les enfants dormaient tranquillement dans leur cabine pendant que les adultes conduisaient sous la pluie et sous le vent et ne dormaient pas de la nuit. C'était comme des nuits blanches. 

La deuxième nuit, le bateau était hyper penché à bâbord à cause du vent qui soufflait. Je glissais dans le lit, je devais me mettre le plus au fond et me bloquer pour ne pas tomber. Avec tout le vent qu'il y avait, je me suis dit que l'on allait se retrouver vite à coté de l'atoll et lui faire coucou. 

Le matin du quatrième jour on devait voir l'atoll le matin au réveil. Donc je me suis levé les yeux plein d'espoir et ... et ... bah nan ! Après 3h de navigation, on a enfin vu les motu mais ce n'était pas super visible parce que c'est tout plat. 

En arrivant vers l'atoll, on a vu plein d'oiseaux qui pêchaient, il devait y avoir un banc de sardines. Au milieu de la traversée, on voyait aussi des oiseaux mais il n'y avait aucune trace de terre, on ne voyait que l'horizon et donc on se demandait d'où ils venaient. Ils devaient voler très très longtemps pour être au milieu de l'horizon. 

Il n'y avait pas beaucoup d'autre bateau. On en a croisé seulement un. 

Une fois à l'intérieur du lagon, on devait quand même garder notre gilet de sauvetage au cas où on tomberai alors que ça ne bougeait pas beaucoup et je ne voyais pas l'intérêt. 

On est passé pas loin du point chaud, une petite île qui n'est pas habitée et qui est en train de se former. 

J'ai bien aimé la traversée en bateau. Ce que j'ai préféré, c'est que l'on ne voyait rien autour de nous, que la mer et l'horizon. Je n'ai pas vraiment le pied marin mais j'aime bien, seulement si je ne conduis pas et que je dors ! 


On joue
On voit enfin tikehau
Enfin la baignade dans la lagon a l’arrivée

Vis ma vie de loup de mer vue par Steeve

C'était très bien la nav'. Ça s'est bien passé. J'ai bien aimé être à la barre. Je n'ai pas été malade. 


Hissez haut !!
Si si la photo est droite !
1 commentaire

manoueliane

Quelle expérience maritime! Romano porte bien son nom, vous avez du pain sur la planche pour lui prêter main forte! Manou dit c'est un bateau de "merde"! N'exagérons pas même si ce n'est pas un bateau de rêve! A plusieurs ça passe mieux! Refaites vous une santé! Plein de gros bisous.Merci pour la très jolie carte et pour ce.s commentaires illustrés de photos reçus avec le plus grand plaisir.

  • il y a 4 semaines
1 Voyage | 102 Étapes
Taravao, Polynésie française
316e jour (11/06/2020)
Étape du voyage
Début du voyage : 01/08/2019
Liste des étapes

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